Le tour de Notre Dame

Notre-dame de paris

Le tour de Notre Dame

Quittons maintenant la façade. Longeons la façade vers la gauche, vers la rue, puis tournons à droite à l'angle de Notre-Dame. Nous sommes sur la rue du cloître Notre-Dame.

Commençons à longer la cathédrale. Si vous vous sentez dans une forme olympique, il ne faut pas hésiter à entreprendre l'ascension des tours. Après une montée de quarante trois mètres, vous atteindrez la plate forme centrale. De là, ne manquez pas d'admirer le panorama du lieu.

Si vous êtes moins intrépide, continuez de longer la cathédrale. En levant les yeux, ne manquons pas les pittoresques gargouilles représentant des animaux fantastiques. Elles servent avant tout de gouttières pour évacuer l'eau de pluie. Mais, selon certains, elles auraient, en plus, une fonction symbolique. Les animaux représenteraient les forces démoniaques que l'on repousserait à l'extérieur de la cathédrale, lieu saint par excellence. Regardons également, d'où nous sommes, comment les architectes ont trouvé, à l'époque gothique, un système original pour consolider la cathédrale : il s'agit de ces éléments de pierre en quart de cercle appelés arcs-boutant. Grâce à eux, chaque fenêtre supérieure est reliée aux chapelles correspondantes du rez-de-chaussée. Ainsi, les murs et les piliers de la cathédrale sont déchargés d'une partie importante du poids des voûtes qui est pris en charge par ces arcs extérieurs.
Sur le trottoir d'en face, au numéro 10, est installé le musée Notre-Dame. Il conserve d'intéressants documents, sculptures, dessins et souvenirs historiques qui vous apporteront de nombreux renseignements supplémentaires sur la cathédrale. Plusieurs vitrines présentent notamment les poteries, monnaies et bijoux gallo-romains et médiévaux découverts sous le parvis lors des fouilles de 1965-1970. Parmi les objets les plus émouvants, un fond de coupe en verre orné des initiales du Christ, du quatrième siècle, certainement un des plus anciens témoignages du christianisme en Gaule du nord. Les restaurations du dix-neuvième sont bien sûr largement évoquées à travers de nombreux dessins de Viollet-le-Duc. Vous verrez, aussi, de la même époque, une pétition signée par Victor Hugo, par le poète Alfred de Vigny et par le peintre Jean-Dominique Ingres qui se sont tous mobilisés pour que les travaux soient entrepris le plus rapidement possible. Malheureusement, les horaires d'ouverture de cet intéressant musée sont limités aux mercredi, samedi et dimanche de 14 heures 30 à 18 heures.


Maintenant, allons juste en face, devant l’un des portails d'entrée de la cathédrale. Ce portail donnait sur le cloître où résidaient les chanoines. Il a été décoré dans les années 1250, au moment où Jean de Chelles élargissait le transept, c'est-à-dire l'espace rectangulaire entre la nef et le chœur selon le souhait du roi Saint-Louis.
Admirons tout d'abord la souplesse et la fluidité de la statue de Marie, placée entre les deux vantaux de la porte : elle semble se déplacer gracieusement et sans effort, elle tenait autrefois dans ses bras, un enfant Jésus dont il ne reste aujourd’hui que les pieds. Au dessus, quatre scènes de l'enfance de Jésus sont représentées sur le premier linteau: de gauche à droite, il y a la nativité, la présentation au temple, le massacre des enfants innocents et la fuite en Egypte, scènes que nous avions déjà vu sur la façade centrale et sur la clôture du chœur. Les deux linteaux supérieurs montrent la puissance de Marie, dans sa lutte contre Satan. Selon la légende racontée ici, le clerc Théophile avait vendu son âme au démon pour obtenir la succession de son évêque. Pris de remords, il invoque Marie qui réussit à arracher au diable le parchemin certifiant cette vente. « Vendre son âme au diable » en signant un écrit ne date donc pas de Faust.
Quelques mètres plus loin, sur notre gauche, arrêtons-nous devant la petite porte sculptée dite « porte rouge » du fait de la couleur de ses vantaux. Elle était réservée aux chanoines qui, ainsi, pouvaient rejoindre directement les stalles du chœur où ils se tenaient pendant les offices. Aménagée vers 1270, elle possède un tympan remarquablement conservé représentant une nouvelle fois le couronnement de Marie mais, cette fois-ci, en présence de Saint-Louis et de son épouse Marguerite de Provence. Remarquons, au-dessus dans les voussures, c'est-à-dire dans les arcs sculptés, de nouveaux épisodes de la vie de Saint- Marcel : à gauche, il baptise et célèbre la messe. A droite, il terrasse le dragon que nous avons déjà vu représenté sur la façade principale et il siège sur sa cathèdre pour enseigner la bonne parole aux fidèles.

Continuons en faisant le tour de Notre-Dame. Pour cela, continuons tout droit puis entrons dans le petit square à droite.

Depuis le square, nous aurons une belle vue sur l'extérieur du chœur et plus particulièrement sur les arcs-boutants du premier étage. Continuons à faire le tour de la cathédrale jusqu’au bord de la Seine. De là, continuons tout droit en longeant, sur notre droite, une grille qui nous empêche de nous approcher du flanc de la cathédrale. Malheureusement, il n'est pas possible de s'approcher du portail du bras sud du transept. Mentionnons simplement qu'il est consacré à l'évocation de la vie de Saint-Etienne, le patron de la première cathédrale de Paris. En continuant tout droit, nous sortons du square pour nous retrouver sur le parvis.
Ainsi se termine notre visite. Laissons la parole à un des plus grands amoureux de Notre-Dame, Paul Claudel, d’ailleurs touché par la grâce dans la cathédrale même, ce qu’une plaque signale toujours à l’attention du visiteur : « Notre-Dame n'est pas seulement un édifice, c'est une personne. Il ne suffit pas de la regarder, il faut la vivre, longuement, quotidiennement. »


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