L’œuvre de Jan Kotera

Nove mesto : de la maison municipale a la place venceslas

L’œuvre de Jan Kotera

Et maintenant, nous voici devant l’entrée de la galerie Bat’a et nous regardons vers le Musée National tout au bout de la place. Continuons sur le côté droit jusqu’au N°12, là où se trouve la Maison Peterka.

Nous voilà devant la Maison Peterka, au N°12, mais du trottoir il est quasiment impossible de voir la façade. Prenez peu de recul, car c’est un édifice important de l’histoire de l’architecture pragoise.
La Maison Peterka est en fait le siège de l’ancienne Banque Populaire. Elle fut construite en 1910 par Jan Kotera, une des grandes figures du monde artistique pragois. Jan Kotera avait fait ses armes à Vienne, sous l’autorité d’Otto Wagner, l’un des fondateurs du mouvement de la Sécession, l’art nouveau autrichiens. De retour à Prague, il fut nommé directeur de l’École des Arts-Décoratifs en 1898, il avait à peine 28 ans!
Comme les artistes de la Sécession, Jan Kotera sera moins préoccupé par le décor que par la fonction du bâtiment. Pour autant, le décor n’est pas l’ennemi comme plus tard chez les fonctionnalistes, non le décor doit être simplement à sa place et ne pas dire plus qu’il ne doit. C’est simple non ? A ce titre, la Maison Peterka est exemplaire.
Regardez la bien: vous constatez que la façade est organisée en trois axes : une partie centrale plus large et légèrement saillante –c’est le bow-window- et deux parties latérales plus étroites, mais couronnées par un petit pignon à trois lobes.
Et maintenant, regardons la base de l’immeuble. Est-ce qu’elle existe ? Et si oui, est-ce que c’est un socle avec des grosses pierres bosselées sur lesquelles semblerait reposer l’immeuble ? un peu comme on le voit parfois sur certains édifices baroques de la ville. Eh bien oui et non. Car, ce qui est amusant ici, regardons, c’est que l’immeuble est comme posé sur un soubassement de pierre qui engloberait à la fois le rez-de-chaussée et la mezzanine. Une fois de plus, la conséquence est un allégement accru de la façade et une verticalité encore plus prononcée.
Et maintenant, revenons à ce était une préoccupation première de kotera : l’équilibre entre la fonctionnalité et la décoration. Et bien, elle est résolue dans le traitement très lisse du mur qui est d’autant plus visible que l’ornement est très discret sur la façade. Donc, sans en avoir l’air, la couleur claire de la façade sur laquelle la déco est discrète était aussi une nouveauté.
Pourtant, le grand style a encore sa place ! Comme quoi Kotera sait composer. Regardez la dernière fenêtre et regardez de chaque côté : c’est une scène directement issue du répertoire symboliste : on voit une femme très sensuelle qui tend une couronne de laurier à un homme robuste une main sur la hanche, l’autre main tenant une masse. Ils ne se touchent pas : seule une guirlande de fleurs permet d’aller de l’un à l’autre.


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