Le musée national

Nove mesto : de la maison municipale a la place venceslas

Le musée national

Avant de quitter l’hôtel Europa, il est conseillé d’y entrer pour y découvrir son atmosphère très début 20e. Allez dans le café au rez-de-chaussée et éventuellement, montez les marches qui mènent au restaurant.

Maintenant, ayons l’hôtel dans le dos et regardons la façade d’en face, de l’autre côté de la place. Vous voyez un curieux édifice, démesuré et couronné d’une coupole de verre et de bronze : c’est l’Ancienne Banque Morave qui date de 1912. Regardez ses décorations faites de lions assyriens et de têtes casquées étonnantes. Cela nous ferait penser presque à des gargouilles des temps modernes.
Continuons notre marche, allons sur le trottoir de gauche où est l’hôtel Europa, et remontons la place sur environ 300 vers le Musée national tout au bout.

Ce musée accueille un musée d’Histoire Naturelle, un Musée lapidaire et une importante bibliothèque. Comme on le voit, il est colossal plus de 100 mètres de longueur- et de style éclectique, c'est-à-dire d’un peu de tous les styles.
Là encore, cet édifice est plus une illustration supplémentaire de l’aspiration des Tchèques à leur indépendance. L’histoire de la construction du Musée National débute à la fin 19e siècle lorsque la diète -l’assemblée tchèque- décide de financer la construction d’un musée à l’exemple de ce qui se fait à peu près au même moment à Vienne. La rivalité entre les deux villes est toujours très forte. Le projet est confié en 1890 à Josef Schultz, un architecte académique professeur à la prestigieuse Ecole technique de Prague.
Regardons bien : En soi, le bâtiment n’a vraiment rien de révolutionnaire : il se présente comme une sorte de gigantesque palais rythmé par quatre tours d’angle et dominé par une coupole monumentale. Bon ! c’est impressionnant par la taille, mais pas trop par le style.
Cela dit, il possède quelques curiosités. Ce qui est curieux, c’est d’abord cette coupole, plutôt de facture baroque pendant que la façade est elle très classique -elle ressemble à une sorte de temple grec-. Cette façade est d’ailleurs estampillée au nom des grands de la nation tchèque. En fait, c’est la totalité du bâtiment qui s’ouvre comme une sorte de dictionnaire des grands hommes du pays. Regardez, en lettre d’or dans des cartouches les noms des grands hommes se succèdent. Vous trouvez Tycho Brahé, Kepler, Jean Hus, mais aussi Charles 4, Venceslas 4 et bien entendu Rodolphe 2 le seul Habsbourg digne de figurer au panthéon tchèque.
Ce qui est curieux, aussi, ce sont ces groupes de statues installées autour de la coupole et dont les noms donnent le ton du décor : Amour du passé : sous entendus lorsque nous étions indépendants, Amour de la Vérité : là, c’est le credo de Hus qui est repris : rappelons que Jean Hus disait « la vérité vaincra » et que Jean Hus est une icône d’une certaine indépendance du peuple tchèque. D’ailleurs, Vaclav Havel reprendra ce credo lors de la révolution de velours.
Et les deux autres inscriptions que nous lisons sont : « abnégation ». Et là, on comprend que le message veut dire « patience, notre indépendance viendra ». Et « Enthousiasme », et là, on comprend que le message est de ne pas céder à la tristesse de devoir attendre. Bref, le parfait catéchisme de l’indépendantiste, tendance pacifique résolue.


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