Le monument équestre de Saint-Venceslas.

Nove mesto : de la maison municipale a la place venceslas

Le monument équestre de Saint-Venceslas.

Revenons devant la statue équestre de saint- Venceslas.

En vérité, bien que la statue soit de belle facture, là encore, elle vaut moins pour sa valeur historique que pour sa valeur symbolique. Venceslas est représenté en imperator sur son cheval, et à chacun des angles de son piédestal, les statues des saints patrons de la Bohême, l’accompagnent. Il y a sainte Agnès, sainte Ludmilla, toujours avec son foulard, saint Procope et saint Aldabert. Dans le passé, c’est ici que l’on se réunissait pour les messes en plein air dès, mais à partir du milieu du 19e siècle, c’est ici que l’on se réunira pour protester, ou se réjouir.
Il est vrai que l’on jouit aussi, depuis cet endroit, de l’une des plus belles perspectives, avec la Place qui semble vraiment se dérouler sous nos yeux comme un long tapis coloré.
Continuons notre promenade en redescendant tranquillement la place vers le fond d’où nous venons à l’origine, mais en restant sur le parterre central. A environ une cinquantaine de mètres plus loin se trouve un modeste monument dédié à la mémoire de Jan Palach et à Jan Zajk.

Vous êtes maintenant à côté du petit monument consacré à Jan Palach. C’est ici que, le 19 janvier 1969, ce jeune étudiant en lettres s’immola pour protester contre l’invasion soviétique qui eut lieu quelques mois auparavant.
Le printemps de Prague comme on l’a appelé a débuté avec l’arrivée au pouvoir, en janvier 1968, d’Alexandre Dubcek, un bon élève du Parti ayant fait ses classes à Moscou. À peine désigné, il devint pourtant incontrôlable par Moscou. Doux mais opiniâtre, il répondait à tous les appels à l’ordre par des paroles rassurantes, mais jamais n’obéissait. Il était persuadé que 15 ans après la mort de Staline, les Russes n’oseraient pas utiliser la force. Il est vrai que Leonid Brejnev hésita longtemps. Cela dit, l’heure était à la guerre froide, et l’URSS craignait de voir la situation tchèque faire tache d’huile dans le bloc soviétique. L’opération « Danube » fut donc décidée. Elle aura lieu le 21 août 1968 et brisera la contestation tchèque. Ce qui conduira de nombreux tchèques à l’exil et d’autres en prison. C’est pour protester contre cette intervention, mais aussi contre le silence du Monde que Jan Palach se suicidera, ici, le 19 janvier 1969. Très certainement, avec son acte, il a renforcé cette fameuse « abnégation » -écrite comme un crédo sur le musée national dans le peuple tchèque.


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