La chapelle du palais

Palais medicis et eglise san lorenzo

La chapelle du palais

Maintenant, retournez-vous vers l’entrée par laquelle vous êtes venus dans la cour. Et empruntez l’escalier sur la droite pour vous rendre à l’étage. C’est là que se situe la chapelle du palais qui est décorée d’une très belle fresque. Mais, en haute saison en tout cas comme le temps de visite est limité à 15 minutes, nous vous conseillons, avant d’y entrer, de prendre quelques instants pour écouter dans les grandes lignes les contenus iconographiques et politiques de cette fresque.

Cette chapelle était la chapelle privée du palais. Elle est le fruit de 3 hommes : le commanditaire, l’architecte et le peintre. Sur l’ordre de Cosme et sous la direction de son fils Pierre, elle fut décorée entre 1459 et 1460. L’architecte est celui du palais, Michelozzo, qui dessina également le plafond à caissons, le pavement et les stalles de bois marqueté. Mais ce fut à Benozzo Gozzoli que revint l’honneur de la décorer. Ce cycle de fresques que vous allez voir marque l’apogée de sa carrière. Benozzo Gozzoli est un des plus illustres représentants de ce courant appelé gothique international. Pourquoi international ? et bien car il est représenté dans de nombreux pays : en Italie du Nord, en Provence, en île de France, en catalogne et en Bohême. Retenez que ce style durera un siècle environ de 1350 à 1450. Il sera au service d’un art de cours et de l’art religieux. Comme nous le verrons, c’est un style qui aime à raconter des histoires de chevaliers, d’honneur et de gloire.
Et dans cette chapelle, quel sera le thème ? Et bien, ce sera celui de l’arrivée du cortège des rois mages à Bethléem. Sous ce prétexte, il rend hommage à la grandeur de la famille Médicis et immortalise son rôle joué durant le Concile de Florence. C’est en effet à Florence que s’était déroulé un très important concile en 1439. Cette assemblée des évêques catholiques et d’universitaires tentait la réunion des églises chrétiennes latine et grecque. Ce fut alors à Florence l’arrivée d’illustres personnes, comme Joseph, le Patriarche de Constantinople, ou comme l’empereur romain d’orient : Jean 8 paléologue. Une foule de prélats et de théologiens étaient venus rencontrer le pape Eugène 4, lui-même entouré d’une cohorte de cardinaux, d’évêques et d’abbés. Et le 6 juillet 1439, les florentins s’émerveillèrent de cette brillante procession conduite à travers la ville par l’empereur, le patriarche et le pape. Pour eux, elle évoquait les 3 rois mages venus à Bethléem adorer l’enfant Dieu et lui porter l’or, l’encens et la myrrhe. L’honneur reçut par Florence rejaillit sur Cosme et sa famille. Et ils décidèrent alors de témoigner de ce souvenir dans un reliquaire, dans leur chapelle privée du nouveau palais qui était inachevé en cette année 1439. En plus, cette allusion directe aux rois mages arrangeait bien les Médicis car ils étaient les protecteurs de la Confrérie des rois mages-justement- au couvent san marco, proche de là.


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