Le magnifique cycle de fresques de la chapelle

Palais medicis et eglise san lorenzo

Le magnifique cycle de fresques de la chapelle

Et maintenant rentrons dans cette chapelle et découvrons ce magnifique cycle de fresques.

Nous voilà entrés. Les fresques de Gozzoli s’étendent sur 5 parois murales. Les 3 principales sont consacrées à la procession des rois mages, les 2 autres à des groupes d’anges. Toutes sont peintes comme des tapisseries. C’est ici l’art de miniature traité à grande échelle ! Vos yeux sont immédiatement attirés par la richesse des couleurs, par les ors des vêtements et des harnachements des chevaux. Laissez votre regard parcourir cette verdoyante et giboyeuse campagne, dans laquelle le peintre a campé la venue des rois Mages. Alors évidemment, il saute aux yeux que cette nature rappelle plus celle de Florence que celle de Bethléem. Mais pour rappeler aux gens qu’il s’agit bien de l’orient, l’artiste a ajouté quelques indications exotiques : un palmier, les dromadaires, un guépard, des costumes chamarrés. Et maintenant, regardons ces fresques plus en détail. Commençons tout d’abord par regarder le mur qui, maintenant que vous êtes entrés, est derrière vous à votre droite. Alors, vous le voyez ? Et est-ce que vous voyez un homme monté sur un cheval blanc ? En fait, vous ne le savez pas, mais les traits de ce cavalier sont ceux de l’empereur byzantin Jean 8 paléologue. Alors bien sûr, ces traits sont un peu foncés pour un empereur byzantin mais ainsi il représente le roi Mage Melchior. A présent tournez-vous sur votre gauche vers le grand mur: portez d’abord votre attention sur la partie droite. Nous voyons un jeune cavalier qui monte un cheval blanc. Il incarne Gaspard le plus jeune des rois mages. Et les contemporains ont alors reconnu Laurent de Médicis. Mais sa présence est anachronique. En effet, Laurent n’a pas pu assister à ce concile, car il est né en 1449, soit 10 ans après l’événement. Ici, il porte lui aussi une couronne. Il est le 3ème des rois mages. Laurent est certainement -avec Cosme- le personnage le plus intéressant et le plus attachant de la famille. Derrière lui se presse une quarantaine de personnages. Regardez à présent sur la gauche de cette même fresque. Certains personnages figurent les représentants de la banque et du négoce ou bien sont des ambassadeurs venus de l’orient. Au 1er plan apparaissent 4 personnages montés sur des chevaux. Vous les voyez ? Et bien, ils nous permettront de découvrir la famille Médicis.
Regardons à droite de ce groupe : sur un cheval blanc, on voit un personnage de profil : c’est Pierre dit le Goutteux, qualificatif qu’il devait à une maladie congénitale… Pierre était le fils aîné de Cosme et le père de Laurent le magnifique. Il fut un homme prudent en politique, reprit le mécénat derrière son père en favorisant Botticelli. Mais à part cela, il ne fut pas excellent dans la gestion du patrimoine de la famille. En fait, il ne sut pas stopper le déclin déjà amorcé à la fin de la vie de Cosme, et la banque Médicis dut fermer sa filiale de Venise.
Alors justement, à côté de lui, nous voyons un vieillard à tunique noir : et c’est son père, Cosme, monté modestement sur une mule. Une image bien révélatrice du caractère rusé de ce personnage, qui sut dominer le pouvoir et manipuler ses ennemis sans jamais se mettre en avant. Cosme fut «  un roi sans couronne ». Entre leurs visages apparaît un 3ème, la tête coiffée d’un foulard. Il s’agit de Jean, fils cadet de Cosme et donc frère de Pierre le goutteux. Il décédera un an avant son père. Puis viennent 2 alliés des Médicis, placés à la gauche de Cosme. C’est la place d’honneur ; tous 2 avaient été ses hôtes en 1459. Regardez à gauche de Cosme, face à nous, monté sur un cheval blanc : lui, c’est Galeazzo Maria Sforza, l’héritier du duc de Milan. Il est précédé d’un archer noir, allusion à l’alliance défensive conclue par Cosme avec Francesco Sforza, père de Galeazzo.

Mentionnons enfin le dernier tout à gauche : vous le voyez ? Et bien, c’est Sigismond Pandolfo Malatesta, seigneur de Rimini. Derrière ce groupe suit un groupe d’individus. Parmi eux, l’artiste s’est figuré en se noyant dans la foule. Essayons de le trouver. Pour voir son autoportrait, vous devez d’abord porter toute votre attention vers ce visage coiffé d’un turban bleu. Il est figuré à la fin de la troupe. Vous y êtes ?? Vous voyez le personnage au turban bleu ? Ce visage n’est qu’un point de repère. Juste en dessous, chapeauté de rouge, nous regardant avec distance, c’est lui : c’est Benozzo Gozzoli. Sur son chapeau il a signé en lettres d’or : Opus Benotii. Et voilà, avec cette fresque nous connaissons toute la famille médicis et ses alliés.


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