L’intérieur de San Lorenzo

Palais medicis et eglise san lorenzo

L’intérieur de San Lorenzo

Nous voici à l’intérieur. Remontez lentement la nef principale… doucement, en vous imprégnant des proportions. Allez-y. Est-ce que vous sentez comme la lumière joue un rôle ? Regardez ces oculi, ces petites fenêtres rondes sur les murs des nefs latérales. C’est de là qu’elle vient essentiellement. Elle est parfaitement diffusée de façon régulière, et elle contribue à l’unité. Elle adoucit les coupures. Continuez à marcher jusque sous la coupole.

Vous vous trouvez sous la coupole. D’ici, vous avez une excellente vue sur le plan de l’église. Regardez-la quelques instants, calmement et posez-vous la question suivante : que ressentez-vous ? Quels sont les mots qui vous viennent à l’esprit ? Calme, équilibre, harmonie, beauté…Oui, en effet, ce sont des mots comme cela qui nous viennent aussi en tête. On l’a dit l’utilisation intelligente de la lumière y est pour quelque chose. Mais il n’y a pas que cela. Parlons-en. Mais pour l’instant, retournez vous vers l’entrée. Alors que voyons-nous ? Oh ! À première vue, une structure classique somme toute : on voit qu’il y a 3 nefs : une nef principale bordée de chaque côté par 1 nef secondaire. Retournez-vous complètement à présent. Et nous voyons que ces 3 nefs débouchent sur 1 transept. Et aussi que ce transept contient des chapelles sur le fond. Comptons-les en partant de la gauche, on a 5 chapelles. Donc, celle du centre est la plus grande. Tient d’ailleurs, à bien y regarder, on voit que cette chapelle centrale est de la même largeur que la nef centrale. Nous faisons face à cette chapelle: allez maintenant sur votre droite et faites quelques pas dans le transept droit. Regardons la 1ère chapelle, celle qui est à droite de la chapelle principale et bien là encore, on se rend compte qu’elle a la même largeur que la nef qui lui fait face. Et sachez que c’est pareil du côté gauche. Tiens, tiens ! C’est une piste pour comprendre Brunelleschi..Regardons maintenant la seconde chapelle sur la droite. Et voyons ce qui lui fait face. Vous voyez ? Et bien c’est une autre chapelle, identique dans sa surface.
Et avec Brunelleschi, la clef de sa réussite se trouve dans le fait que l’architecture obéit ici à un système de planification proportionnelle. Il s’est servi d’un module qu’il a utilisé partout dans sa construction : le module, c’est quoi ici. ? Et bien vous y étiez : le module, c’est le carré formé par la croisée du transept. Ce carré détermine toutes les dimensions : celles du chœur, celles des bras du transept, celle de la longueur de la nef, etc. Toutes les formes auront les mêmes proportions que le module. Ainsi, à partir des dimensions de son module, il va diviser celui-ci par moitié, par tiers, par quart, par sixième, par dixième, etc. pour calculer chaque élément de son plan : du plus grand au plus petit : de la longueur des nefs, aux hauteurs des colonnes, ou aux proportions des chapiteaux, etc. Par exemple, la longueur des nefs correspond à 4 fois ce carré. Et c’est partout ainsi. Tout dérive du module. Car Brunelleschi est persuadé que c’est cet équilibre mathématique sous-jacent qui donne cette impression d’équilibre visuel et presque spirituel. Et qui produit cette harmonie que nous ressentons dans l’église, et ce, même si nous ne sommes pas au courant de ces fondements mathématiques. Maintenant, abordons un autre aspect spécifique de l’architecture de Brunelleschi. Portez votre regard sur la file de colonnes. Vous pouvez noter que la hauteur de la nef s’établit sur 2 élévations seulement : au premier niveau, il y a les grandes arcades et au dessus, il y a les fenêtres hautes. L’architecte a donc supprimé cet espace intermédiaire qui est celui des tribunes. L’impression d’espace est ainsi amplifiée. Et d’où vient cette impression intuitive de grande élévation ? Et bien tout simplement à ce que le départ des arcs est très haut. Suivez une colonne des yeux. Commencez en bas et remontez-la du regard. Il a ajouté un nouvel élément au-dessus des chapiteaux des colonnes. C’est une espèce de dé d’où partent les arcs. Voilà : nous avons vu comment Brunelleschi a apporté du renouveau à l’architecture de l’époque.


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