La 1ère sculpture monumentale de Verocchio

Palais medicis et eglise san lorenzo

La 1ère sculpture monumentale de Verocchio

A présent, retournez à côté de l’entrée, et placez-vous devant le sarcophage que vous avez vu tout de suite en entrant. Il est fait d’une très grande richesse ornementale.

Alors, ce tombeau est celui des 2 fils de Cosme, de Pierre le Goutteux donc et de son frère Jean de Médicis. Il fut commandé par les fils de Pierre, Laurent le Magnifique et son frère Julien. Il date 1472 et est la 1ère sculpture monumentale de Verrocchio. Ce dernier est, antérieurement à Michel Ange, un des 2 principaux sculpteurs de la fin du 15ème siècle à Florence. Il reçut une formation d’orfèvre, mais abandonna l’orfèvrerie par manque de commandes. Cependant il utilisa l’élégance et les principes de cet art en sculpture. Il se donna également à la peinture, dirigeant un atelier au sein duquel il fut dépassé par un de ses élèves : Léonard de Vinci. Il bénéficia du patronage des Médicis et contribua à donner un nouvel élan à la sculpture. Il est l’auteur d’œuvres fameuses à Florence, comme du 2ème David de Florence. Et maintenant, parlons du tombeau.

Regardons ce monument. Bien qu’homogène, il se découpe en fait en 3 parties qui sont: un sarcophage bien sûr, puis un rideau qui ressemble à un filet à larges mailles et enfin, un arc.
Alors sachez que ce schéma d’un sarcophage à l’intérieur d’un arc est typique du monument funéraire du début de la renaissance florentine. Mais ici, la grande nouveauté réside dans le non-adossement traditionnel au mur. En effet, ici, l’œuvre fait office de paroi et sépare 2 espaces : la sacristie où nous sommes, et puis aussi la chapelle des reliques, de l’autre côté.
Regardez tout d’abord l’arc. Vous y êtes ? Il a été sculpté dans le marbre blanc. On peut se demander quel est son rôle. Et bien tout simplement, un peu comme un cadre autour d’un tableau, il entraine le regard sur ce qu’il y a à l’intérieur. IL encadre le regard donc et l’empêche de fuir. Et d’ailleurs, pour renforcer cet effet, Brunelleschi a fait encadrer son arc par un autre arc. Mais celui-ci est moins travaillé. Il est en pierre grise. Maintenant, portez votre attention vers le sol, là où les 2 départs de l’arc prennent leurs racines. Vous pouvez relever que le décor est symétrique. Nous voyons 2 vases funéraires à l’antique qui donnent vie à des éléments végétaux et des candélabres qui constituent une bordure florale. Portez votre attention au sommet de l’arc à nouveau : vous voyez ? Là, un diamant en bronze est enchâssé dans une fleur. Il est l’emblème de Pierre, dont la devise est : « Per semper » en latin. Ce qui veut dire : « pour toujours ». Il symbolise la force, la résistance et l’immortalité des médicis. Regardez sur la bordure : vous verrez des anneaux à pointes de diamant, toujours en référence à l’emblème de Pierre, passant entre les guirlandes. Vous les avez vus ? Bien. Continuons. A présent, portez toute votre attention vers le rideau de bronze. Verrocchio a réalisé un véritable chef-d'œuvre, tant sur le plan technique que sur le plan esthétique. Sur le plan technique tout d’abord: car, il a été fondu d’un seul tenant. Et voyez bien comme ses cordes imitent avec un réalisme incroyable les nœuds d’un filet. Vous avez vu ? Et sur le plan esthétique ensuite: l’illusion est parfaite. Regardez maintenant le 3ème élément ; c'est-à-dire le sarcophage de porphyre en forme de baignoire. Sur sa face, on voit un beau médaillon de serpentine verte à l’intérieur d’une couronne de bronze. Regardez sa partie supérieure : il est orné de 2 cornes d’abondance généreusement garnies, issues de splendides feuilles d’acanthe. En leur centre, se dresse un autre diamant de bronze, un rappel du symbole de Pierre donc. Et voyez sur ses angles : on voit à nouveau de luxuriantes feuilles d’acanthe en bronze, qui sont hérissées de pointes. En fait, ces feuilles sont des symboles de vie et de renouveau. Prenez le temps de regarder ce sarcophage : car Verrocchio à réalisé ici un véritable travail d’orfèvrerie. Notez que le sarcophage est supporté par des pattes du lion, qui reposent à leur tour sur une plinthe en marbre soutenue par 4 tortues, symboles de longévité.
En résumé, une très belle œuvre, et elle est ostensiblement dépourvue d’images chrétiennes, ce qui est très osé pour l’époque. De même, les symboles funéraires sont quasi absents. Ici, l’accent a plutôt été mis sur la symbolique familiale : les cornes d’abondance, les tortues de la longévité, l’acanthe du renouveau, le diamant de bronze de Pierre.


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