La salle n°6

Paris : le musee de cluny

La salle n°6

Vous pouvez vous diriger vous vers la salle 6 en franchissant la petite porte qui s’ouvre dans le mur devant vous quand vous faites face aux albâtres.

Entièrement clos, cet espace présente une des techniques les plus représentatives de l'art médiéval : le vitrail. Dans ce moyen âge où l’écrit est absent pour la masse de la population, les sculptures bien sûr, mais surtout le vitrail narrent les scènes religieuses. Qui plus est, loin de n’être qu’une simple technique décorative, le vitrail prend, à l’époque gothique, une signification spirituelle en symbolisant la lumière divine. Suger, l’abbé de Saint-Denis, fit réaliser, lors de la reconstruction de son église vers 1140, un ensemble de verrières polychromes évoquant les scènes principales de la Bible. Rappelons que l’architecture gothique, alors naissante, cherchait à ouvrir les murs pour faire entrer un maximum de lumière dans les édifices. De là, ces vastes fenêtres aux verrières chatoyantes. Sur le mur sur lequel s’ouvre la porte, nous voyons un vitrail de saint Denis représentant les deux moines assistant à la montée de Saint-Benoît au ciel.
Un siècle plus tard, en 1248, la Sainte Chapelle du palais de Saint-louis donne l’illusion d’une véritable cage de verre, bannissant toute impression de pesanteur : les vitraux sont alors les éléments fondamentaux de la création de cet effet. Lors de la restauration de 1848, les verrières les plus fragiles ont été déposées au musée de Cluny. Ils ont été remontés ici sur les deux murs à gauche de l’entrée. En vous approchant, vous remarquerez que chaque morceau de verre est coloré dans la masse du verre, grâce à des oxydes, et non uniquement à sa surface. Pour obtenir les détails des visages et des vêtements, les maîtres verriers ont utilisé « la grisaille », une peinture métallique quasi opaque posée au pinceau sur le verre coloré.
Sur le mur à droite de l’entrée, les quatre grandes fenêtres de la chapelle du château de Rouen, par leur aspect plus lumineux, vous montrent l’évolution des goûts à la fin du 13e et au 14e siècle. Les maîtres verriers semblent s’assagir : ainsi, les éléments colorés sont moins nombreux et n’apparaissent plus qu’au centre de la baie. Ils laissent la prédominance aux panneaux de grisaille qui donnent une impression de plus grande luminosité.


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