La salle N°10

Paris : le musee de cluny

La salle N°10

Allons maintenant vers la salle 10. Retrouvons maintenant le Moyen-Âge dans cette salle où, à côté de sculptures monumentales sur pierre, vous allez pouvoir découvrir ces fameux ivoires si finement travaillés. Mais un mot auparavant sur l'architecture. Les murs datent de l'époque romaine. Il s'agissait sans doute d'un espace alors dévolu au repos après le bain. Sur la droite en entrant, dirigez-vous vers les monumentaux chapiteaux de la nef de l'église parisienne de Saint Germain des Prés, déposés lors des restaurations du 19e siècle. Ils sont datés de la première moitié du 11e siècle et ils constituent un des ensembles les mieux conservés de la sculpture romane à ses débuts en Ile de France. Remarquez surtout, au centre, le Christ en gloire qui se détache en relief sur un fond géométrique. Découvrons maintenant les vitrines consacrées à l'art de l'ivoire. Elles se trouvent à gauche, en entrant dans la salle.

Parmi les objets les plus anciens se trouve une grande figure d'Ariane couronnée par deux amours. Elle date sans doute du 5e siècle. Vraisemblablement ornement d'un siège ou d'un lit, elle montre que les thèmes empruntés à la mythologie païenne n'ont pas encore disparu avec l'avènement du christianisme. La rareté de l'ivoire en réserva souvent l'usage à des objets religieux particulièrement prestigieux : plaques de reliures de missels ou de bibles, crosses d'évêques ou d'abbés...
Sur votre droite, dans la vitrine au bout de ce mur, remarquez une défense d'éléphant sculptée provenant du trésor de l'abbaye Saint Arnoult de Metz. Connus sous le nom générique d'olifant, de tels objets avaient des usages variés : instruments de musique, cornes à boire, reliquaires. L'exemplaire du musée a été réalisé vers 1100 en Italie du sud, région spécialisée dans le commerce et la taille de l'ivoire. Les bordures ont reçu un décor géométrique inspiré de l'Islam alors que, sur la partie centrale, l'ascension du Christ et les symboles des évangélistes rappellent l'art byzantin. On reconnaît ici en effet ce hiératisme, cet air majestueux si caractéristique de l’art byzantin.


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