La salle n°14

Paris : le musee de cluny

La salle n°14

Puis, vous pourrez passer à la salle 14. Les œuvres présentées dans cette salle permettent d'évoquer la diversité de la production artistique de l'Europe du nord – France, Allemagne, Angleterre et Pays-Bas- aux 15e et 16e siècles. Leur regroupement souligne, une nouvelle fois, l'importance de la polychromie au moyen âge: sculptures, panneaux peints, tapisseries rivalisent ici de couleurs chatoyantes et lumineuses. Au centre de la pièce, un petit retable peint et sculpté est attribué à Arnt de Kalkar, artiste actif en Rhénanie vers 1480. Grâce à la représentation de la ville de Kranenburg, à l'arrière de l'adoration des mages, et au portrait du donateur, un religieux chartreux, on devine que cette œuvre a été commandée par un monastère. Encadré par six scènes de la Passion de Jésus, le panneau central représente Marie, les saintes femmes et saints jeans se lamentant sur la dépouille du Christ descendu de la croix, thème illustrant bien ce mélange de piété et de douleur alors très répandu au 15e siècle. Regardez bien les personnages et la souplesse de leurs attitudes. Voyez l'attention accordée aux détails et aussi les effets de perspective. Tout cela témoigne de l'influence des primitifs flamands comme Rogier Van der Weyden. Sur la gauche de ce retable, sur le panneau de droite du renfoncement, est exposée la Piéta dite de Tarascon, que l’on doit à un anonyme d’Avignon.

Le thème est quasiment le même que précédemment sur ce grand panneau horizontal où les personnages se détachent sur un fond d'or. C'est en effet pour le château de cette ville, propriété du roi René et de son épouse, Jeanne de Laval, que ce tableau a été réalisé. Même après le départ de la papauté, Avignon est resté un grand centre artistique, notamment grâce à Enguerrand Quarton, l'auteur de la célèbre Piéta d'Avignon conservée au Louvre. C'est d'ailleurs de cette œuvre que sont repris la composition et même certains détails de notre tableau, comme le geste de Saint Jean retirant la couronne d'épines de la tête du Christ. D'autres influences sont également visibles : les drapés à plis cassés et les visages sévères viennent en droite ligne de la peinture flamande. Mais, la lumière crue qui découpe les silhouettes des personnages, et les ombres très contrastées appartiennent en revanche à la culture picturale provençale.


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