Le panorama de la Matthäikrichplatz

Potsdamer platz

Le panorama de la Matthäikrichplatz

Tournons le dos à la philharmonie et traversons la rue pour nous rendre sur la vaste esplanade située à notre droite et qui est précédée de quelques marches en pente. Nous sommes au niveau de la Matthäikrichplatz.

Nous voici sur l’esplanade du Kulturforum, le forum culturel. Au fond, il y a plusieurs bâtiments précédés de grands drapeaux. Retournons-nous vers la Potsdamer Platz dont nous avons d’ici une superbe vue. Au loin, à gauche, nous retrouvons le centre Sony avec sa tente penchée. Nous reconnaissons également la grande tour de la DB, les bureaux de Daimler. Et à l’extrême droite, nous voyons aussi la tour de Debis avec son cube vert.

Et maintenant, retournons-nous à nouveau vers le Kulturforum. Nous y voyons une petite place bordée d’arbres et, en face de cette place, droit devant nous, un bâtiment recouvert de plaque d’aluminium jaune qui ressemble étrangement à la Philharmonie. Et ce n’est pas un hasard : il est dû au même architecte : Hans Scharoun. Il s’agit de la bibliothèque Nationale qui fut conçue entre 1967 et 1976. Elle fut l’ancienne bibliothèque de Berlin Ouest et est désormais jumelée avec celle située sur l’avenue Unter den Linden. L’essentiel du fond de 8 millions d’ouvrages est constitué par les écrits publiés après 1956.

Maintenant tournons-nous vers la droite. En face de nous, nous voyons, isolée, une église ornée de bandeaux de briques rouge et beiges, avec un clocher central en pointe. La façade de cette église montre bien qu’elle est ancienne et n’a rien à voir avec toutes les constructions modernes du quartier. En effet, il s’agit de l’église Mathieu qui fut bâtie entre 1844 et 1846 par August Stüler, un élève de Karl Friedrich Schinkel. Stüler, auquel nous devons beaucoup de constructions néo-médiévales, travailla beaucoup à Potsdam pour le roi Frédéric-Guillaume 4. Le gouvernement nazi fit raser toutes les villas entourant l’église dans le cadre du projet de réaménagement de Berlin en Germania. Les bombardements endommagèrent considérablement le lieu de culte qui fut restauré en 1959. Seul l’extérieur néo-byzantin fut reconstruit à l’identique. En revanche, l’intérieur forme une simple salle de béton servant à diverses manifestations culturelles. Le style byzantin se retrouve dans le jeu des briques de deux couleurs dessinant des bandes sur la façade. Mais en réalité, il s’agit d’un mélange tel que le 19e siècle aimait les faire. D'ailleurs, regardez : nous ne trouvons pas de coupole centrale comme dans les lieux de culte byzantin. Au contraire, Stüler a choisi de mettre une haute tour couronnée par une flèche au-dessus de l’entrée, c'est-à-dire un élément propre aux églises occidentales. Cela dit, aujourd’hui, pour notre part, nous apprécions ce souvenir au milieu de la mégalopole du futur.


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