L’Église orthodoxe grecque de Budapest

Promenade a pest du marche central a la place vörösmarty

L’Église orthodoxe grecque de Budapest

Maintenant revenons à la place Sandor Petöffi, où nous nous trouvons. Tournons le dos au fleuve, et regardons l’église toute proche, dont la façade donne sur la place Petöffi (au 2bis)

Cette façade, de style plutôt classique, avec son plan rectiligne, et ses frontons triangulaires, se caractérise pourtant par sa dissymétrie : regardez ses 2 tours : vous voyez, elles n’ont pas la même hauteur.

Eh bien, ce n’est pas pour cause d’inachèvement : la tour de droite avait jusqu’en 1945 la même silhouette que celle de gauche, elle a été partiellement détruite lors de la bataille qui a opposé à Budapest les armées soviétiques et allemandes, et jamais reconstruites.
Au fait, il s’agit de l’Église orthodoxe grecque de Budapest. Une église construite à la fin du 18e siècle pour la communauté grecque de la ville, alors assez nombreuse, et prospère.
La façade date seulement des années 1870, et a alors été reconstruite par l’architecte Miklos Ybl, dont nous avons vu tout à l’heure l’ancienne Douane.

On y célèbre aujourd’hui à la fois des offices orthodoxes en langue hongroise, et en langue grecque. A la faveur de l’un deux, ou bien si vous avez la chance d’être devant l’église un mercredi ou un vendredi après-midi, entre 13h et 17h, vous pourrez peut-être voir l’intérieur.
Il renferme une superbe iconostase. L’iconostase, le mur d’icônes, est un meuble spécifique aux églises de rite oriental, et principalement aux églises orthodoxes. Il s’agit d’une clôture de bois ouvragé, munie d’une ou de 3 portes, couverte d’icônes à la disposition codifiée.
Et cette clôture, lorsque la porte centrale, appelée la porte royale, est fermée, c’est-à-dire en dehors des offices, dissimule l’autel aux visiteurs ou aux fidèles.

L’intérêt des iconostases dans les églises orthodoxes de Hongrie est qu’elles sont souvent, comme celle-ci, de style rococo, ou baroque tardif. Un style appliqué à la même époque à la décoration de toutes les églises catholiques de Hongrie, d’Autriche ou de Bavière. Mais plus rarement mis au service de la religion orthodoxe, sauf en Russie.
En fait, parmi les pays catholiques, la Hongrie fait un peu figure d’exception : elle abritait au 18e siècle une importante minorité serbe, et la liberté du culte orthodoxe qui lui a été accordée a également bénéficié à la communauté grecque.

Encore un détail : ce style rococo, c’est ce que dans certains domaines les Français appellent le style rocaille, ou encore le style Louis 15. Et en effet les cadres dorés des icônes, avec leur forme sinueuse peuvent faire penser au mobilier Louis 15. Sauf que la construction de l’église date de 1790 ! C’est bien tard pour du Louis 15, et cela montre que le goût rococo est resté dominant en Hongrie jusqu’à l’extrême fin du 18e siècle, alors qu’il était abandonné en France, au profit du néo-classicisme, depuis 40 ans !


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