Les 2 tours de la famille Ardinghelli

Promenade a san gimignano

Les 2 tours de la famille Ardinghelli

Nous allons tranquillement gagner la place suivante, la place du dôme. Pour cela, dirigeons vers les 2 tours de la famille Ardinghelli. Quand nous avons la via del castello dans le dos, elles sont au fond de la place, sur la droite.

Maintenant, nous allons parler des guerres entre les Guelfes et les Gibelins qui ont eu lieu en Toscane au Moyen âge et parler de ce qui en a découlé, à savoir la construction de ces drôles de tours. Alors, voilà : nous sommes à l'époque médiévale, et plus précisément au 13ème siècle. San Gimignano est aussi le théâtre, comme toutes les villes toscanes, de la querelle entre Guelfes et les Gibelins. Deux clans politiques qui s'opposeront pendant tout ce siècle. Mais qui sont-ils ? Depuis le 11ème siècle, l’empereur du Saint-Empire romain germanique et le pape sont tous deux désireux d’étendre leur pouvoir temporel. Au nord, nous avons l’empereur qui exerce son autorité, et au sud, se trouvent les Etats pontificaux. Le premier tente d'agrandir son empire vers le sud, le second vers le nord. Il était donc normal qu'ils se rencontrent en un point de conflit, et celui-ci sera la Toscane. Une région-tampon en quelque sorte... Mais cette région n'existe pas alors en tant que telle, car elle n'est pas encore unifiée... Elle est en réalité une multitude de cités États indépendantes où chaque faction tente de prendre le pouvoir. Résultat, chaque famille choisit son camp. Certaines se rangent du côté du pape, d'autres du côté de l'empereur. Les partisans du pape sont appelés les guelfes ; et ceux de l'empereur, les Gibelins. San Gimignano n'est pas épargnée. Deux familles s'entredéchirent ainsi, entraînant avec elles toute la ville. La première, ce sont les Ardinghelli, des guelfes c'est à dire proche du pape, la seconde, les Salvucci, des gibelins, c'est à dire proche de l'empereur. Ces familles, nous les connaissons aujourd'hui à travers leurs tours. Celles des Ardinghelli, nous les avons face à nous ; celles des Salvucci sont sur la place de la cathédrale, la place suivante dans cette promenade. Les autres familles suivent, et la ville se couvrira de ces tours qui la rendirent célèbre. Et ainsi, figurez-vous que 72 tours furent construites aux 13ème et 14ème siècles; et 14 ont survécu aux déboires de l'histoire. Bien, ça c'est pour l'histoire. Maintenant regardons de plus près. Ici, les tours des Ardinghelli sont tronquées, et il faut les imaginer mesurant dans les 50 mètres de haut, et ceci comme toutes les autres tours de la cité. Continuons de les regarder. Que voyez-vous ? Et bien vous voyez qu’elles sont étroites et qu’il n’y a la place que pour une pièce par étage. Autre observation encore: la multitude de trous carrés qui parsèment les murs de ces tours. Et puis aussi, -regardez sur la tour de droite- des espèces de portes que nous voyons dans les murs, mais qui ne donnent sur rien, sinon dans le vide. Alors, essayons de comprendre tout cela. D'abord, nous l'avons compris, nous sommes dans une période mouvementée; donc toute construction de défense semble justifiée. De plus, ce sont des guerres intestines. Et c'est ce qui explique les trous et les consoles dans les parois. Car ils permettaient de jeter des ponts en bois, appelés «ponts aériens», soit entre tours alliées, soit entre tours ennemies afin de les attaquer. Et c’est ce qui explique aussi ces portes situées curieusement dans les hauteurs. Mais les familles y habitaient-elles réellement ? Oui et non. Non-car ; si vous regardez bien, il y a toujours une maison basse située à côté de ces tours – c’est la maison principale -. Ici, la maison des Ardinghelli se trouve entre les deux tours. Mais, oui, les familles y habitaient parfois car ces maisons tours étaient alors un refuge en cas de danger. Des étages supérieurs des maisons, on pouvait directement se rendre dans la tour protectrice sans avoir à descendre dans la rue. Une structure austère donc mais non sans charme, donnant son caractère propre à San Gimignano et aussi à toute la Toscane. Car ces tours sont effectivement présentes dans toutes les bourgades médiévales, des plus petites à la plus grande qu'est Florence. Un dernier élément enfin: comme vous l’avez remarqué, les tours sont les seuls monuments érigés en pierres locales et non en briques: et c’est cette couleur grisée qui ponctue ainsi ce paysage urbain. Voilà ce qu’on pouvait dire sur ces fameuses tours forteresse.


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