Les scènes du Nouveau Testament

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Les scènes du Nouveau Testament

Poursuivons à présent notre visite en nous dirigeant vers le bas-côté droit. Et retrouvons-nous de nouveau à l'entrée de l'église.

Êtes-vous bien dans le bas-côté droit à l'entrée de l'église ? Alors vous faites face aux scènes figurant le Nouveau Testament. De même que pour le bas-côté gauche, la lecture se fait de haut en bas. Elevons notre regard vers le haut. Nous voyons des lunettes, ces espaces semi-arrondis. A l'intérieur est dépeint, de l'entrée vers le chœur : l'Annonciation, la Nativité, l'Adoration des rois Mages, la Circoncision, le Massacre des Innocents et la Fuite en Egypte. Puis la lecture reprend, au niveau médian, à droite de la Crucifixion, scène située au centre de ce bas-côté. Retrouvons-nous devant elle afin de suivre le récit.

Êtes-vous bien face à la scène de la Crucifixion ? Alors de là, la lecture commence par les scènes du haut, de gauche à droite. Puis, lorsqu’on sera arrivé près de l’entrée, on doit descendre son regard au niveau inférieur afin de continuer la lecture, mais cette fois-ci de droite à gauche, pour retourner vers la Crucifixion. Prenez le temps d'apprécier l'ensemble de ces œuvres de Barna de Sienne. Il est le chef-d’œuvre de l'auteur et la meilleure expression de son style, qui s'exprime à travers une narration à la fois vive et dramatique. Et ensuite, quand vous aurez fait le tour de ces scènes, retrouvons nous devant la peinture du registre du milieu représentant le « Baptême du Christ ». C'est la 7ème scène en partant de la droite, c'est-à-dire en partant de l'entrée.

Êtes-vous bien devant le Baptème du Christ ? Alors que voyons-nous ici ? Le Christ est nu debout dans le Jourdain. La scène est connue. Regardons-la : tout en faisant le signe de bénédiction avec sa main, il reçoit le baptême de saint Jean Baptiste. Ce dernier est vêtu d'une tunique en poils de chameau avec une ceinture de cuir autour des reins comme cela est décrit dans les Évangiles. Regardez à droite : nous voyons deux anges qui apportent des linges pour recouvrir le Christ. Cette scène nous semble très belle. Elle est à la fois douce et intense. Pourquoi ? Et bien, parce qu’elle est très dépouillée tant dans la gestuelle que dans le mouvement ou le nombre de personnages. Et on sent que la pureté de la composition est faite pour coller à la pureté du sacrement. Et ce dépouillement permet de renforcer la profondeur et l’intensité de la scène. Cette profondeur se lit à travers les visages des personnages. Regardons à cet égard une autre scène, celle de Jésus portant la Croix. Elle se trouve en bas, sur votre gauche. La voyez-vous? Alors, observons les visages, ou plutôt les expressions des personnages. Les hommes sont hargneux, les femmes pleurent, et le Christ ? Et bien, il semble interrogatif et soucieux face à son destin, mais en même temps empli d'une mission. Cette scène montre plus encore que les autres, la dextérité de l'artiste. Barna de Sienne sait ainsi nous faire pénétrer au plus profond de l'intimité des personnages. Et ces fresques révèlent, à cet égard, tout l'art de ce peintre siennois : sa ligne est vigoureuse comme nous pouvons le voir ici dans ce drame. Et sa couleur reste précieuse avec des nuances très variées et des costumes très raffinés. Regardons, par exemple, le soldat de gauche, habillé d'une cotte de mailles verte. Et maintenant, tournons-nous vers la grande Crucifixion située à gauche de ces scènes. Y êtes-vous ? Elle condense tout le style de Barna de Sienne que nous venons de découvrir et toutes ses influences : celle de Giotto, le pionnier de la Renaissance, celui qui humanisa l'homme dans la peinture en lui donnant des expressions. Mais on reconnaît aussi celle des Siennois Simone Martini et des frères Lorenzetti qui sont à l'origine du dynamisme de la narration et du collorisme vif. D’ailleurs, voyez la différence de couleurs entre d’un coté le crucifié de gauche et le christ et de l’autre, le crucifié de droite. Vous voyez ?? Les deux premiers sont dans un même ton clair alors que le 3e est plus noir. Les 2 premiers sont détendus et ont une auréole. N’oubliez pas que le bandit de gauche a demandé pardon pour ses fautes et il a été entendu par Dieu. C’est pour cela qu’il a une auréole et qu’il est serein et fort face à la mort. En revanche, le bandit de droite n’a pas abjuré ses pêchés : voyez le diable au dessus de sa croix. Il vient déjà le tourmenter et rendre sa mort douloureuse. On le voit en effet se tordre de douleur. En bref, l’artiste a donné une grande intensité tragique à la Crucifixion qui nous prend au corps tant par le sujet dramatique que par les nombreux détails très humains. Citons-en 2 : Marie est effondrée comme une mère le serait dans un tel cas. Et puis, on voit le sang couler des pieds des crucifiés.


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