La Chapelle Sainte Fine

Promenade a san gimignano

La Chapelle Sainte Fine

Nous pouvons à présent, poursuivre par la visite de la Chapelle Sainte Fine. Quand nous regardons les scènes du Nouveau testament, elle se trouve un peu sur la gauche.

Nous sommes à présent dans la Chapelle Sainte Fine. Plaçons-nous face à l'harmonieux autel de marbre et d'albâtre de ce lieu. ...Bien. Cette chapelle est tout d'abord le tombeau de sainte Fine, santa Fina, une sainte locale de l'époque médiévale. Son tombeau est au-dessus de l’autel. Et sur celui-ci est inscrit: "Tu cherches des miracles. Observe ceux que les murs et leurs vivantes images illustrent. An 1475." Alors, suivons cette invitation, et admirons les fresques des murs afin de connaître l'histoire de cette sainte. Dans un premier temps, tournons nous face au mur, situé à droite en entrant dans la chapelle. La fresque représente ici la "Mort de sainte Fine". Mais qui était cette sainte pour avoir autant d'importance à San Gimignano ? Son histoire commence avec son prénom : "Fine". Une curiosité, il est vrai. Mais en réalité, alors qu'elle était enceinte, sa mère avait eu le pressentiment que son enfant serait un être précieux, "fin" dirait-on. Fina nait ainsi en 1238. Elle devient malheureusement infirme. Et son courage la fait alors aimer de tous, tout autant que sa silhouette élancée et sa blondeur, ce que nous pouvons voir sur la fresque. Observons cette œuvre plus attentivement. Sainte Fine, c'est la jeune fille allongée et auréolée, au visage d'une grande pureté. Vous la voyez ?? Et autour d'elle, nous voyons deux femmes en habits monacaux qui sont sa mère et sa nourrice. Et le personnage religieux que vous voyez en haut à gauche, entouré d'angelots, c'est Grégoire le Grand, pape et docteur de l'Eglise au 6ème siècle. On peut dire que c’est lui qui fit de la papauté la première puissance d'Occident. Pourquoi est-il ici présent ? Tout simplement, car, selon la tradition, Grégoire le Grand serait apparu à Sainte Fine pour lui annoncer sa mort imminente. Et c'est ainsi que, paralysée, mais toujours souriante, elle meurt en pénitence sur une table de chêne à 15 ans en 1254. C'est exactement ce qui est dépeint ici.

Observons maintenant quelques détails de cette peinture. Et tout d'abord les objets se trouvant sur la table dans le fond de la pièce car il y a toute une symbolique. Voyez le vase à col fermé transparent par exemple. Vous le voyez ? Oui ? Et bien, il évoque la virginité de la jeune fille. Et les grenades juste à côté évoquent les fruits de son martyre. Une nature morte au sein du tableau donc. Regardons maintenant à travers la fenêtre située dans l'angle droit de la pièce ainsi peinte. Que voyons-nous ? Un paysage. Mais ne serait-ce pas San Gimignano au sommet de la colline avec ses tours dans le lointain ? Afin d'en avoir confirmation, retournons-nous face à l'autre fresque, faisant pendant à la première. C'est celle qui est située à gauche de l'autel de la chapelle. Allez-y. regardez-la.! Alors quelle impression donne cette scène ? plus grandiloquente, moins intimiste... ? Oui, car ce sont les obsèques officielles de sainte Fine. La jeune fille, toujours vêtue de sa robe rose, est allongée sur son lit funéraire. Mais, quelques miracles, presque dissimulés, viennent pimenter cette scène. Regardez les pieds de Ste Fine : vous voyez un jeune clerc qui est en train de les baiser. Et selon la légende, il aurait retrouvé sa vue. Maintenant, regardez à gauche dans les tours : les cloches sonnent grâce à des anges. Ce qui n’est pas banal avouons le !. Et pourtant nul bruit ne semble troubler l'atmosphère. L’émotion n'est-elle pas vive ? Sa mère est à ses côtés mais aussi les prêtres et les jeunes novices psalmodiant semblent à la fois émus et sereins. Une sérénité accrue par la pureté de la scène où le visage de la sainte est caressé par les rayons du soleil couchant, et où les personnages l'entourant sont tous vêtus de blanc. L'émotion semble imprégner leur cœur, mais pas leur visage. Le recueillement est là, figé pour l'éternité. Tel le décor d'ailleurs. Contemplons le paysage. Les tours de San Gimignano sont étonnantes de véracité : des tours sur lesquelles pousseraient, selon la légende, des violettes à chaque anniversaire de la mort de sainte Fine, le 12 janvier. Mais pas n'importe quelles violettes... : des violettes longues et fines au parfum intense... Alors, laissons-nous enivrer par le doux parfum de cette légende et admirons cette œuvre toute Renaissante. Car elle est du célèbre Domenico Ghirlandaio, l'un des peintres les plus significatifs de ce style. Et à cet égard, observons bien l'œuvre à nouveau. Elles va nous livrer d’autres messages.

Nous sommes en 1475 lorsque Ghirlandaio réalise ces fresques pour l'évêché de San Gimignano: nous sommes donc en pleine Renaissance, un style qui marque un vrai tournant dans l'histoire de l'art européen. Pourquoi cela ? tout simplement parce que ce n'est plus Dieu qui est placé au centre du monde. Monde qui, à l'époque médiévale, est régi par l'Eglise. Désormais, c'est l'homme qui est au centre du système de valeurs et les Cités-Etats italiennes, et les états européens de façon générale, souhaitent davantage asseoir leur pouvoir face à une papauté toute puissante. Ce système de valeurs fondé sur les théories des deux grands philosophes grecs, Aristote et Platon, s'appelle l'humanisme. L'art inspiré de celui-ci devient alors un instrument au service de la grandeur nationale, disputée entre l'Eglise et les hauts personnages de l'Etat. Une dualité bien présente ici. Regardons la fresque de nouveau : l'Eglise est la commanditaire de l'œuvre et ses symboles sont au premier plan, à savoir les religieux et les bâtiments religieux. L'Etat est lui au second plan : il est représenté par ces familles aristocrates dont on voit des portraits tous vêtus d'habits à la mode. Et bien sûr ; l’état est aussi représenté par les tours, symboles de leur pouvoir. De plus, le point de fuite, c'est-à-dire l’endroit où convergent toutes les lignes, est la Croix du Christ placée sur l'autel de l'abside de la chapelle.

Mais la Renaissance est aussi la redécouverte de l'architecture antique et de la perspective. Contemplons à cet effet la parfaite maîtrise du peintre à figurer cet édifice en perspective. Ici, il utilise des pilastres à chapiteaux composites typiquement romains, vous les voyez ? Et il utilise aussi une frise de palmettes antiques et de panneaux de marbre décoratifs comme on pouvait en voir dans les palais romains. Remarquons une curiosité enfin : voyez le pavement de marbre géométrique et multicolore : c’est une spécialité de Florence, passée maître dans l'art des pierres dures.


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