Le Revers de la façade

Promenade a san gimignano

Le Revers de la façade

Et maintenant, sortons de la chapelle ste fine et allons vers gauche jusqu’au fond de l’église. Et retrouvons-nous devant cet espace, c'est à-dire devant le mur où se trouvent les portes d'entrée et de sortie de l'édifice.

Voilà, nous sommes face au revers de la façade, c'est à-dire face à la paroi intérieure de la façade, le chœur étant alors dans notre dos. Que voyons-nous ici ? Tout d'abord au niveau inférieur et entre les deux portes de la façade, une fresque représentant le "martyre de saint sébastien" datant de 1465. Sébastien est un capitaine de la garde prétorienne sous l'empereur romain Dioclétien. Devenu chrétien, il se met à protéger les chrétiens persécutés. Découvert, il est transpercé de flèches pour trahison. C'est ce qui est figuré ici. Et si vous regardez bien, bien que le sein soit couvert de flèches meurtrières, il reste stoïque ! Une curiosité rendant probablement hommage à son martyre! Cela dit, il est assez classique dans ce genre de représentation de montrer que la foi est plus forte que la douleur. Mais cette attitude stoïque est aussi une introduction à la suite de l'histoire, car, malgré toutes ces flèches, Sébastien ne meurt pas pour autant. Sauvé, il affronte alors ouvertement Dioclétien lui reprochant sa cruauté. Ce dernier le condamne alors à mourir sous les coups de bâton. Scène qui n'est d'ailleurs jamais montrée... Observons maintenant la fresque elle-même. Admirons la fraîcheur des couleurs, mais aussi l'élégance toute Renaissante, et donc complètement anachronique, des soldats. Et tant qu’à être dans l’imaginaire, le paysage lui aussi est inventé. Voyez : on reconnait des cyprès qui peuvent toscans, mais aussi des orangers et des palmiers orientaux.
N'est-ce pas une drôle d'atmosphère pour un martyre ? Peut-être, mais c'est celle des peintures décoratives de Benozzo Gozzoli, cet artiste florentin du 15ème siècle. Tout ici est empreint de Renaissance, de cette volonté de révéler l'Homme dans son univers. Essayez de vous souvenir des personnages représentés au moyen âge : ils étaient le plus souvent statiques et figés dans 2 dimensions. La profondeur n’était que peu ou pas présente. Alors qu’ici, c’est la Renaissance et c’est très différent : voyez la profondeur du paysage, ainsi que les positions maniérées des personnages, ou encore la figuration de corps nus. Mais Gozzoli ne fait pas de sa peinture une thèse sur l'humanisme, contrairement à Ghirlandaio, l'artiste de la chapelle sainte Fine. Non, lui, il peint cette Renaissance joyeusement, lui ôtant toute profondeur philosophique. Le message s'efface alors derrière la recherche de l'art pour l'art.


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