L’Eglise Saint Augustin

Promenade a san gimignano

L’Eglise Saint Augustin

Et maintenant, retrouvons nous à présent devant l'église de saint Augustin.

Vue de l’extérieur, cette grande église de brique est aussi sobre, voire austère que la collégiale croisée tout à l'heure ! Mais, comme la collégiale, elle est aussi un édifice refuge pour des œuvres chatoyantes! D’ailleurs, c’était un message classique la encore : à l’extérieur de l’église et donc de Dieu, c’est la Tristesse alors qu’à l’intérieur de l’église –et donc quand on croit en Dieu-, c’est la beauté et la lumière. Alors entrons par l'unique porte d'entrée en façade et allons en découvrir les trésors cachés.

Quelle impression de clarté, de sobriété ! Un plan simple dit basilical, c'est-à-dire à nef unique, sans bas-côté. Au fond, le chœur est divisé en trois chapelles dont la centrale accueille le maître-autel ou autel principal. Dirigeons nous directement vers ce dernier.

Que voyons-nous derrière l'autel principal ? Un immense retable. Regardons-le dans sa partie supérieure. Nous pouvons y admirer le Couronnement de la Vierge par le Christ. Et en dessous ? Des personnages saints. De gauche à droite, nous voyons sainte Fine, saint Augustin, saint Bartolo Bompedoni, puis saint Gemignano avec sa crosse d'évêque, ensuite saint Jérôme à moitié nu, et enfin, saint Nicolas de Tolentin. Et pour être sûr de ne pas les confondre, l'artiste a inscrit leur nom sur leur col. A l'exception de saint Jérôme bien entendu !
Quelques mots sur cette œuvre : c’est une œuvre qui nous semble bien académique. De plus, les couleurs sont ternies par le temps. Et pourtant, c'est une œuvre d'un grand intérêt. Pourquoi ? Et bien parce qu’en 1483 - comme l'inscription située en bas nous l'indique -, l'œuvre est surprenante de réalisme. Contemplons les visages des saints. N'ont-ils pas le caractère de véritables portraits ? Et la Vierge, regardez la vierge. N'est-elle pas étonnante par sa maigreur et son visage qui n'est pas celui de la madone idéalisée qu’on voit traditionnellement ? Cette œuvre est la dernière connue de Piero Pollaiuolo, un artiste florentin formé dans l'atelier de son plus célèbre frère Antonio. Elle reflète le style familial déterminé surtout par la ligne, qui, pour l'artiste, est seule créatrice du volume. Notons au passage que d’autres artistes préfèrent –eux- utiliser les différences entre les couleurs pour marquer les formes et les volumes. Mais ici, regardons le visage de Saint Jérôme à moitié nu et en particulier la ligne de tour de visage. Vous la voyez ?? On voit que cette ligne aride et sans rondeur, créé des visages aux traits tendus et incisifs. Et maintenant, observons les fresques qui sont sur les murs de cette chapelle centrale. Il est évident qu’elles tranchent avec tout ce que nous venons de voir. Elles ont composé dans les années 1460 par Benozzo Gozzoli. Gozzoli était réputé pour être un faiseur de fresques décoratives où il racontait des histoires. Un précurseur des dessinateurs de bandes dessinées en quelque sorte. Ici, l'œuvre raconte l'histoire de saint Augustin. Nous allons en quelques mots dire son histoire, mais nous vous laisserons parcourir les scènes. Alors : Les tableaux se lisent de gauche à droite: ils commencent par Augustin enfant confié au Maître en Numidie - l'actuelle Algérie - puis ses voyages en Méditerranée - Carthage, et l'Italie, puis retour en Afrique à Hippone – l'actuelle Anaba - où il est consacré évêque. Enfin, le récit se termine par les obsèques du saint. Et son discours narratif est calme, et élégant. Nulle question de tensions ici, mais des gens policés dans un paysage exotique, un espace bien défini par l'équilibre et la mesure. Admirons les couleurs chatoyantes - les verts, les bleus, les roses -, la gestuelle mesurée, et la sérénité des expressions. Encore une fois, du Gozzoli joyeux.


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