La seconde Cour

Promenade au chateau de prague

La seconde Cour

Et maintenant, gagnons la seconde cour en prenant soin de ne pas passer sous la porte de Matthias. Cette 2de cour où nous sommes est très vaste et date de la fin du 16e siècle. Elle fut réaménagée d'abord au 18e puis dans les années 1920 toujours par Joze Plecnik pour le pavement.
Juste devant nous, dans l'axe de l'entrée, nous voyons la Chapelle de la Sainte-Croix, construite en 1756 pour accueillir le Trésor de reliques réuni au 14e siècle par l'empereur Charles 4. Ce trésor est aujourd'hui conservé dans la Cathédrale Saint-Guy.
A l'extrémité gauche de la cour, tout au fond, se trouve la partie que l'empereur Rodolphe 2 aménagea à la fin du 16e siècle pour ses écuries, et surtout pour y placer la Salle espagnole : une Galerie destinée à recevoir sa fabuleuse collection d'œuvres d'art. On dit que Rodolphe 2 fut le plus grand collectionneur de son époque. Ce souverain, curieux et inclassable, avait amassé des milliers d'œuvres d'art. Cette fabuleuse collection a malheureusement disparu depuis longtemps, pillée d'abord par les Suédois lors du sac du Château en 1648, puis dispersée sous Charles 6 au début du 18e siècle. On peut néanmoins se faire une idée de la qualité du mécénat de Rodolphe 2 en visitant la Galerie de peinture installée aujourd'hui au rez-de-chaussée où sont réunis notamment des œuvres de Holbein, Bassano, Titien, Rubens et "La Flagellation du Christ" de Tintoret.

Hormis cela, une très belle fontaine du 18e siècle orne le centre de la cour. On l'appelle la fontaine Kohl, du nom de l'artiste qui la réalisa en 1686. Elle se présente comme une fontaine composée de deux vasques superposées au-dessus d'un grand bassin. En faisant le tour de la fontaine, nous remarquerons que la première vasque est soutenue par des représentations de dieux de l'antiquité. On reconnaît Vulcain, le forgeron tenant un marteau ; Mercure le messager et son casque ailé, Hercule portant sa peau de lion et enfin Neptune, le dieu marin avec un poisson.
Maintenant, levons les yeux vers la seconde vasque. Elle est portée par deux tritons, des divinités marines. Mais le plus intéressant est encore au-dessus. En effet, le sculpteur avait initialement couronné sa fontaine par la représentation de deux lions, symboles de la Bohême, soutenant un globe sur lequel l'aigle impérial trônait majestueusement. Les lions sont bien la, mais l'aigle impérial ? Bien évidemment, il a disparu, car il heurtait trop la sensibilité tchèque. ! Ce que nous comprenons bien volontiers !

Mais, avant de passer derrière la fontaine pour rejoindre la troisième cour, revenons un peu sur l'histoire du Château.
A partir du milieu du 11e siècle, le renforcement du pouvoir politique des Prémyslides entraîne des changements majeurs à Prague. La situation stratégique de Prague, au confluent des routes terrestres de l'Europe centrale, prend toute sa valeur. L'économie se développe. Des commerçants allemands s'installent sur les bords de la Vltava. Rapidement, le noyau de Stare Mesto, sur la rive droite, se met en place. La Place de la Vieille-Ville trouve sa vocation et de grandes églises sont construites.
Au pied du Château même, le quartier de Mala Strana, le "petit côté" en tchèque, continue de s'étendre. La ville est alors dispersée en quatre agglomérations autonomes, sa population est estimée à environ 5000 personnes.
Une muraille de pierre massive s'élève désormais sur le tracé de la première palissade de bois, renforcée par des tours défensives. On peut d'ailleurs encore distinguer les restes de cette enceinte de pierre sous le porche conduisant vers la troisième cour.


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