La 5ème chapelle

Promenade au chateau de prague

La 5ème chapelle

Retrouvons-nous juste devant la cinquième chapelle, de l'autre côté du chœur. Devant elle se trouve un impressionnant monument tout en argent. Cette chapelle est consacrée à saint Jean Népomucène.
Elle est associée à un monument tout en argent recouvert d'un baldaquin porté par des anges. Il s'agit de la châsse de saint Jean Népomucène, dans laquelle se trouve une partie de ses ossements, les reliques. Par manque de place, on l'a installé dans le déambulatoire : il bloque littéralement le passage, on ne voit que lui ! C'est étrange, mais c'est voulu. Car l'importance donnée au reliquaire du saint et à sa chapelle n'est finalement que le reflet de l'importance de son culte dans l'Empire des Habsbourg. Ailleurs, il est presque inconnu.
Mais qui était donc ce Népomucène dont on ne trouve pas de statues chez nous ? On raconte qu'il fut le confesseur de la femme de Venceslas 4, le fils de Charles 4 à la fin du 15e siècle. Le roi aurait demandé à Jean Népomucène de trahir le secret de la confession afin de connaître ce que lui cachait son épouse ! Bien sûr, on ne trahit pas un des sacrements essentiels de l'Église catholique et donc le clerc refusa. Ses ennuis commencèrent alors. Le roi le fit arrêter, torturer et son corps fut jeté du pont Charles dans le fleuve. Des promeneurs repêchèrent son corps et son culte se développa rapidement. Mais il ne fut canonisé qu'en 1729. Ce sont les Jésuites qui diffuseront son culte de l'Europe centrale à l'Amérique du sud, on l'estime beaucoup à Mexico. Saint Jean Népomucène est considéré comme le protecteur des ponts comme saint Bénézet à Avignon, mais il protège aussi contre les abcès de la langue puisqu’après tout sa langue fut incorruptible !
Et maintenant, regardons ce tombeau. Quelle pompe ! Il date de 1736.Il fut réalisé à partir d'un projet dessiné par Fisher von Erlach, un grand architecte viennois, pour accueillir la dépouille du saint lors des grandes cérémonies qui eurent lieu en son honneur à la cathédrale en 1739. L’événement fut exceptionnel de fastes : on raconte qu'à cette occasion, la cathédrale Saint-Guy avait été décorée de tentures rouges, d'étendards, de tableaux évoquant la vie de saint Jean Népomucène, mais encore que des milliers et des milliers de cierges avaient été plantés sur des chandeliers en argent. Durant quelques jours, on célébra des messes non seulement à l'intérieur de la cathédrale, mais aussi à l'extérieur, sur le parvis noir de monde.
Mais regardons d'un peu plus près maintenant cette curiosité.
Saint Jean Népomucène pénitent est agenouillé sur son tombeau, il contemple un crucifix. Tout autour du monument, regardons les statues argentées qui représentent les vertus qui ont caractérisé le saint durant sa vie : on y reconnaît notamment la personnification du Silence, un doigt sur la bouche, ou encore la Force qui est toujours associée à une colonne.
Et c’est vrai qu’il a fallu beaucoup de force et de foi bien sûr à Saint-Jean Népomucène pour garder le silence sous la torture.
Au-dessus, nous voyons une sorte de baldaquin de velours pourpre qui couronne le monument. Il est tenu par des anges aux quatre coins. Sachez que pour réaliser cette œuvre, il n'a pas fallu moins de 2 tonnes d'argent. Mais rien n'était trop beau pour saint Jean Népomucène. Et d'ailleurs, on rapporte que la folle journée de la consécration de la chapelle du saint à la cathédrale s'acheva par un splendide feu d'artifice ! Et bien sûr, à l’époque, c’était tout à fait exceptionnel.


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