Le grand incendie

Promenade au coeur de la city

Le grand incendie

Nous voici aux pieds de cette grande colonne que les Londoniens appellent tout simplement le « Monument ». Regardons au sommet de la colonne : nous voyons une grande flamme en bronze dorée. C’est le symbole du feu et, vous l’aurez deviné, cette colonne, érigée par Sir Christopher Wren en 1677, voulait commémorer le grand incendie de 1666 qui détruisit Londres en partie. D’ailleurs, sur le socle, une inscription nous confirme la raison de cette construction. Au besoin, reculez un peu pour pouvoir distinguer le sommet. On dit que sa hauteur, 62m, est égale à la distance qui la sépare du point de départ de l’incendie, une boulangerie de la rue Pudding Lane .
Cette rue existe toujours, mais n’a aucun intérêt. Le Monument est creux. A l’intérieur, un escalier en colimaçon nous emmène au sommet à condition de monter les quelques 311 marches. Pour nous récompenser de cette ascension, un brevet nous est délivré. Mais la meilleure récompense sera bien sûr la vue sur tout Londres. Si vous souhaitez monter, allez-y et nous attendons en bas. A votre retour, nous vous raconterons ce qu’a été ce grand incendie.

Mais revenons à ce grand incendie. La ville, qui comptait au 17e siècle près de 500.000 habitants, était une métropole très active. L’épidémie de peste bubonique, qui l'a touchée en 1665, a provoqué plus de 70 000 décès. Et pourtant c’est le grand incendie de 1666, qui a le plus marqué la conscience des londoniens. En résumé sur cet incendie : Quatre cents rues sont dévastées, treize mille deux cents maisons ont brûlé, la cathédrale st Paul s’est écroulée, et quatre-vingt-neuf églises de la ville sont en ruine. Et nous comprenons donc désormais pourquoi le Londres médiéval n’existe plus. Le feu a détruit tout le centre-ville plus une partie du quartier de Temple.

Le dimanche 2 septembre 1666, vers une heure du matin, le boulanger du roi commence à allumer les feux pour préparer les fournées du matin. Brusquement, une flamme surgit. En un instant, l'échoppe s'embrase. Puis, c’est la maison du boulanger en entier qui devient la proie des flammes. Commence alors un des plus gigantesques incendies de l'histoire occidentale. La boutique est située non loin du port de Londres, à l'est de la vieille ville médiévale où les maisons se touchent toutes. Ce sont de vieilles maisons de bois bien serrées les unes contre les autres. Elles sont une proie idéale pour le feu. En quelques heures, le sinistre a déjà gagné plusieurs maisons. Le maire de la ville, sir Thomas Bludworth, est alerté et se rend sur place, mais il ne voit pas de raison de s'alarmer et laisse les sauveteurs à leur travail. Les débuts d’incendies sont monnaie courante dans ces quartiers populeux et insalubres. Mais cette fois-ci, le feu gagne des entrepôts de chanvre et de poix situés à Thames Street, au bord de la Tamise, et leur embrasement accélère la propagation de l'incendie le long du fleuve. Par malchance, le vent est violent ce jour-là. Les sauveteurs sont dépassés. Au petit matin, trois cents maisons ont déjà brûlé. Les habitants réveillés tôt par le bruit des flammes s’organisent pour fuir en emportant tout ce qu’ils peuvent. Toute la journée, c’est l’enfer. Et chacun essaie de se débrouiller pour trouver qui une embarcation, qui un radeau pour gagner le milieu de la rivière. Les rues sont encombrées de charrettes, de carrosses, de voitures à bras chargées à ras bord, on se bouscule, la panique est générale. Dès lors, les pompiers ne peuvent s’approcher que difficilement de l’incendie et la fumée est partout et empêche de respirer. Le soir du 2éme jour, les flammes atteignent les docks et trouvent, dans les entrepôts, charbon, bois de construction, huile, alcools qui alimentent les foyers. Des explosions retentissent et le feu saute un groupe de hangars ou de maisons pour aller dévorer d'un coup trois, quatre ou six nouveaux bâtiments. La fumée est devenue trop épaisse pour qu'on puisse approcher le front de l'incendie. Désormais, le feu est hors de tout contrôle. Et il faut attendre encore deux jours pour que le vent faiblisse. Alors, enfin, il devient possible de lutter contre ce fléau. Il ne reste plus grand-chose des quartiers centraux de la ville, mais il faut absolument le stopper avant qu’il n’atteigne les quartiers ouest. La solution envisagée est de priver le feu de nourriture en abattant les derniers édifices debout pour qu’ils ne deviennent pas la proie des flammes. Politique de la terre brûlée, c'est le cas de le dire. C'est l'unique façon de maîtriser le feu puisqu'il n'existe pas à l'époque de pompe à eau assez puissante pour noyer le feu. Et il faut attendre encore une journée pour que tout se calme. Le feu aura duré près de 5 jours. Londres n'est plus qu'un tas de cendres fumantes et de gravats noircis. Le miracle dans cette affaire est que seulement 6 personnes ont trouvé la mort dans ce désastre. Et comme nous l’avons dit : le Londres médiéval n’existe plus. Le feu a détruit tout le centre-ville plus une partie du quartier de Temple. Il faut maintenant reconstruire.


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