L’immeuble des Lloyd’s

Promenade au coeur de la city

L’immeuble des Lloyd’s

Continuons jusqu’au croisement de cette rue avec Lyme Street. Tournons à gauche dans Lyme Street et regardons. De l’endroit où nous sommes, nous commençons à apercevoir, la façade oblongue de l’immeuble des assurances SWISS RE. Conçu par Norman Foster, cet édifice est appelé à Londres le grand Concombre : «the  Big Gherkin ». Continuons maintenant sur Lyme street jusqu’au carrefour avec Leadenhall street.

Arrivés au carrefour, nous voyons maintenant la tour oblongue dans son ensemble. Ce building désormais célèbre est au 30 de « St.Mary Axe ». A Londres, il est le premier projet de gratte-ciel écologique. Bonne nouvelle pour les allergiques ! Dans cet immeuble pas comme les autres, l'air frais entre à tous les étages par des "ouvertures" dans le revêtement. L'air vicié y est recyclé pour servir à "chauffer" un édifice qui se dispense la plupart de l'année de l'air climatisé. Le 16 octobre 2004, le Royal Institute of British Architects a récompensé l’édifice comme étant «la meilleure contribution architecturale britannique de l’année écoulée», certainement en partie pour ses qualités environnementales.L’architecte créateur de cette étrange chose est Nornan Foster, le concepteur du viaduc de Millau en France et du pont du Millenium ici à Londres. Avant de traverser Leaden hall, remarquons, au pied de cette tour de verre ultramoderne, le contraste qu’elle forme avec la petite église de St Andrew UnderShaft datant de la période médiévale et remaniée par l’école de Wren. Traversons cette artère « Leaden hall », pour nous rendre, en face, sur l’esplanade, et plaçons-nous en bas des marches.

Nous voilà sur l’esplanade. Tournons-lui le dos. Et tournons-nous vers Lime street que nous venons de quitter pour faire face à l’immeuble des Lloyd’s. Parlons maintenant des Lloyd’s et aussi de cet immeuble. Fondée en 1685 par Edward Lloyd dans une maison de café, les Lloyd’s est devenue en presque 4 siècles la plus grande compagnie d’assurance du monde et c’est elle qui assure entre autres les compagnies de navigation du monde entier et tout leur fret. Elle décida en 1978 de se doter d'un siège social digne du 21e siècle. La tour que nous voyons devant nous a remplacé un bâtiment néo-classique en pierres de taille. Seule sa façade sur Leaden Hall a été épargnée pour souligner le contraste entre deux époques, mais aussi pour rattacher la modernité à un passé emblématique aux yeux de la compagnie d'assurance. Son président consulta plusieurs cabinets d’architectes et sélectionna celui de Richard Rogers dont le travail du centre Pompidou à Paris émergeait tout juste. Richard Rogers reprit la même idée qu’au centre Pompidou, c'est-à-dire que la surface réservée aux fonctions essentielles de l’édifice ne devait pas être diminuée par celle réservée aux services annexes –dirons nous- : donc tous les ascenseurs, toilettes, gaine de chauffage, arrivée d’eau, électricité, etc. se retrouvent à l’extérieur des structures de l’édifice pour laisser libres, flexibles et disponibles les 55 000 m2 destinés à accueillir 10 000 personnes. A la différence du centre Pompidou, tous les tuyaux et parties destinées aux services n'ont pas été peints de couleurs vives. Cette différence, si minime soit-elle, permit l'intégration de l'édifice dans le paysage londonien. Le bâtiment principal est une tour de 70 m de haut sur 13 niveaux. Elle est creusée sur toute sa hauteur et surmontée d'un dôme de verre, qui constitue le plus grand atrium jamais construit en Europe même si on ne peut le deviner de l'extérieur. Tout autour, des galeries de 16 m de large ouvertes sur les premiers niveaux, fermées de cloisons de verre au-dessus, abritent les bureaux. Sur les galeries, les bureaux demeurent en teck, gainés de cuir.

Autre touche montrant le lien avec le passé : le salon 18e réservé à la direction a été transféré de l'ancien siège et remonté avec ses lustres, tentures et boiseries au 11e étage de la tour.Un grand escalator de verre et métal zigzague depuis la cafétéria au rez-de-chaussée jusqu'au cinquième étage. Au-dessus, il faut emprunter les ascenseurs extérieurs.Les six autres tours jouxtant le bâtiment principal abritent les services. L'accueil du public fut mitigé. « La Lloyd's a commencé dans un café et va finir dans un percolateur », commentaient les Londoniens. Détail amusant une cloche, La Lutine Bell, rescapée du naufrage d'une frégate française probablement assurée par cette compagnie, est toujours accrochée à l'intérieur de la rotonde centrale et résonne de temps en temps. Une fois pour les bonnes nouvelles, deux pour les mauvaises. Ne la cherchez pas. On ne la voit pas.


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