L’Eglise Notre-Dame-de-l'Assomption

Promenade dans hradcany, du couvent de strahov au palais sternberk

L’Eglise Notre-Dame-de-l'Assomption

Nous pouvons avancer maintenant vers l'église Notre-Dame-de-l'Assomption, dont on distingue la façade, au fond de la cour, juste en face de nous.

En regardant attentivement cette église, on ressent à la fois une impression de nouveau et d'ancien. En fait, au 12e siècle, l'église était une basilique romane. Son aspect actuel est le fruit de remaniements successifs gothique, renaissance, et baroque.
Regardez, c'est une façade somme toute sobre, composée de deux niveaux, mais toute la décoration se concentre au niveau du portail. Ce portail en pierre est couronné par une niche dans laquelle se trouve une statue de la Vierge Marie en prière et vénérée par deux anges agenouillés à ses pieds. Sa tête est cernée par une auréole étoilée, ce qui permet de l'identifier car seule la Vierge est couronnée par un nimbe étoilé. Son corps flotte sur un croissant de lune pendant que son pied écrase fermement le serpent, symbole du mal. C'est bien la représentation de l'Assomption de la Vierge Marie, c'est-à-dire l’épisode relatant l'enlèvement miraculeux de la Vierge au ciel par les anges, célébrée chaque 15 août dans l'Eglise catholique.
Mais continuons notre inspection. Regardons plus haut, au second niveau. Là, sur la corniche, des saints attirent, puis dirigent notre regard au-dessus de leur tête vers le sommet du fronton où trône la représentation d'un agneau tenant une croix haute entre ses pattes. C'est l'Agneau de Dieu, symbole du sacrifice du Christ sur la Croix . Et c'est sous cet aspect héroïque que Quitainer l'a représenté. L'agneau domine fièrement le portail, loin de tout effet pathétique, loin du mouvement extensif qui anime la Vierge, les pattes bien droites et la toison épaisse, il est comme exposé au monde, et illustre parfaitement la phrase de Saint-Jean-Baptiste " Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde". Une phrase qui résonnait alors dans chaque oreille chrétienne.
L'ensemble du programme, sculpté en 1744, est attribué à Johann Anton Quitainer, un artiste très actif à Prague. Son registre est plutôt celui du calme, de l'apaisement. Souvenons-nous qu’il n’y a pas si longtemps que cela, en période baroque, les personnages des statues seraient apparus en mouvement, tourmentés. Regardons la vierge : Ici, on perçoit juste un long et calme mouvement ondulatoire. Pareil pour l’Agneau : il apparaît presque figé ; dressé sur ses pattes. C’est une nouvelle manière, plus décorative, qui d'ailleurs se retrouvera chez d'autres sculpteurs pragois.

Nous pouvons maintenant entrer sous le porche de l'église, mais sans pouvoir aller au-delà de la grille qui ferme l'entrée de la nef. L'église n’est complètement ouverte qu’au moment des offices. On peut malgré tout bien voir son décor.

Toute la décoration intérieure date du 18e siècle. Levons les yeux vers la voûte. Nous pouvons voir que cette voûte est partagée en une quantité de médaillons en stuc ornés de peintures évoquant l'Histoire de la Vierge Marie.
Au rez-de-chaussée, les autels et les statues dorées disposés le long des piliers de la nef accentuent davantage encore la pompe de l'église, tout semble baigner dans la lumière et le marbre. L'austérité de cette église qui fut -rappelons-le- d'abord romane puis gothique s'est totalement diluée dans les ors, les stucs et les marbres, pour laisser place à la théâtralité du baroque. Mozart y trouva-t-il l'inspiration ? Qui peut le dire ? On sait qu'il fréquenta ces lieux et joua à l'orgue placé juste au-dessus de l'entrée. Pompe, richesse de cette église que dire alors de la bibliothèque du monastère que nous allons aller maintenant visiter ?


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