Les statues de la cathédrale

Promenade dans la salzbourg princiere

Les statues de la cathédrale

Nous allons maintenant tenter de décrypter les messages que cette église voulait envoyer aux fidèles. Pour ce faire, il faut faire attention aux statues bien sûr, mais aussi à l’évolution des décorations au fur et à mesure que l’on regarde plus haut. Pourquoi cela ? Et bien tout simplement parce que « Dieu est au ciel » et que plus on regarde vers le ciel, plus on regarde vers Dieu.

Et commençons par regarder les chapiteaux des pilastres qui ornent chacun des trois niveaux. Les pilastres, ce sont ces espèces de colonnes aux ¾ enfoncées dans le bâtiment et qui affleurent plus qu’elles ne soutiennent. Ce sont donc des éléments décoratifs, qui font un vague écho aux robustes colonnes grecques et romaines, leurs ancêtres. Et donc, regardez maintenant les chapiteaux de ces pilastres sur chacun des 3 niveaux. Vous avez remarqué quelque chose ? Oui ? Eh bien oui, les décorations des chapiteaux sont différentes. Plus on monte, plus la décoration est élaborée. Au premier niveau, le chapiteau n’a pas de décoration : c’est le style dorique. Au deuxième niveau, il y a une décoration simple : une grande feuille d’acanthe enroulée : c’est le style ionique. Et enfin, au dernier niveau, il y a une décoration plus élaborée : plusieurs petites feuilles d’acanthes : c’est le style corinthien.
Et bien sûr, le message, là encore ; est clair, plus on va vers Dieu, plus on s’approche du beau et de la félicité.

Passons aux statues maintenant qui répondent à un programme iconographique très précis. Là encore, commençons par le bas et regardons entre les arcades du rez-de-chaussée : nous voyons 4 grandes et superbes statues de marbres posées sur de hauts socles.
Commençons par celle de gauche : un évêque coiffé d’une mitre et tenant une grande crosse se présente de façon un peu rigide dans son long manteau. Il s’agit de Saint Rupert, le fondateur de l’abbaye de Saint-Pierre. Cette sculpture un peu sèche, avouons-le date de 1660. Rupert est ce fameux évêque de Worm en Allemagne qui reçut la région de Salzbourg en cadeau du duc de Bavière Theodo afin de christianiser les populations locales. C’était vers l’an 700.
Ensuite, de part et d’autre de l’arcade centrale, nous avons deux statues pleines de vie et présentées dans une pose très mouvementée. Par opposition à celle de Ruppert, voyez comme ici les drapés balancent et sont profondément creusés. Rien qu’à les voir, on devine qu’elles ne sont pas du même sculpteur que la première. Et en effet, elles sont dues au Ciseau du célèbre Mandl, un grand sculpteur baroque salzbourgeois. Il les a sculptées vers 1700.
Mais qui sont ces deux personnages d’âge mûr portant une longue barbe et drapés à l’Antique ? Ils sont reconnaissables à leurs attributs : celui de gauche tient des clefs dorées : les clefs du paradis. Il s’agit donc de Saint-Pierre. Celui de gauche, en revanche, tient une épée pour rappeler son statut de militaire romain. Nous sommes donc en présence de Saint-Paul. Pierre et Paul sont exposés au centre, car la cathédrale leur est consacrée.
La dernière statue à droite est très identique à celle de Rupert. Il porte la même longue robe, une tiare et tient une crosse. Cet évêque est Saint Virgil qui consacra la première cathédrale en 774.
Les 4 personnages du parvis symbolisent les liens entre Dieu et la Terre. Pierre et Paul sont considérés comme les piliers de l’Église catholique, tandis que Virgil et Rupert sont les piliers celle de Salzbourg.
Et maintenant, levons les yeux vers la galerie du second niveau sur laquelle reposent 4 statues. Il s’agit des 4 évangélistes : Marc, Matthieu, Luc et Jean ; les rédacteurs des évangiles inscrits dans le Nouveau Testament.

Enfin, regardons le haut fronton. Il est orné de 3 nouvelles sculptures. A gauche, nous remarquons un homme âgé présentant deux plaques arrondies au sommet : c’est la représentation traditionnelle des tables de la loi. Ce personnage est donc Moise.
A droite, la seconde figure vêtue d’une longue robe antique est le prophète Elie. Moise et Elie sont les prophètes annonçant la venue du Messie et les témoins de l’alliance entre Dieu et l’homme. Enfin, au sommet et dominant le fronton, le Christ se dresse en majesté sur la pointe du fronton et sa silhouette se détache magistralement sur le ciel. De la main droite, il bénit tandis que dans la gauche, il tient un globe couronné de la Croix. Ce globe fait référence au rôle du Christ en tant que maître des cieux et de la terre. En résumé, nous l’avons compris, il y a toute une progression iconographique qui relie l’homme au christ en passant par les évêques, les évangélistes et les prophètes.

Enfin, vous avez sans doute remarqué que nous pouvons lire trois dates sur les grilles fermant les arcades. Ce sont les trois dates essentielles de l’histoire de la cathédrale sur lesquelles nous reviendrons : 774, c’est la consécration du premier sanctuaire ; 1628 : c’est la consécration de la cathédrale baroque et 1959 enfin, c’est l’achèvement de la reconstruction après le bombardement de 1944.


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