L’Autel de la cathédrale

Promenade dans la salzbourg princiere

L’Autel de la cathédrale

Retournons-nous de nouveau vers le cœur. Il est dominé par un superbe autel de marbre datant de 1628 et s’harmonisant parfaitement avec le reste de l’église. Regardez ce jeu subtil du marbre blanc et du marbre rouge, les beaux ornements sculptés rappelant ceux des voûtes : guirlandes de fleurs et fruits et feuilles d’acanthe. Et nous retrouvons encore une fois nos deux évêques : Virgil et Rupert.

Nous allons parler ce cet autel et plus globalement, du message que cette église veut adresser aux fidèles. Maintenant, observons le tableau d’autel. Alors, disons-le tout de suite, il ne nous semble pas être un chef-d'œuvre. Ses couleurs acidulées comme le jaune et l’orange nous semblent agressives et capter trop d’attention au détriment du thème. En outre, regardez comme les personnages sont schématiques et comme les plis des vêtements semblent dessinés comme avec une équerre. Bref passons ! Quel est son thème ? Regardons : nous voyons le tombeau ouvert, les soldats affolés qui s’enfuient et le Christ tenant un drapeau et entouré d’anges s’envoler vers les cieux. C’est donc le thème de l’Ascension du christ. Il y a donc une progression iconographique voulue dans le décor peint de l’église, et ce, en association avec l’architecture et les niveaux de lumière qu’elle autorise. Tout d’abord, on rentre dans une nef sombre. Puis on rencontre le sauveur qui montre le chemin : Jésus bien sûr. On suit son parcours : sa passion, la déposition de la croix et ici son ascension, c'est-à-dire la notre potentiellement. Et au fur et à mesure qu’on le suit, et qu’on va vers l’ascension, on va vers toujours plus de lumière.
Alors, l’église s’est toujours servie des images et de l’art pour appuyer ses messages. Mais, à partir de la contre-réforme et avec les jésuites en particulier, elle atteindra un niveau de mise en scène où l’art assurera sa propagande. Car au même moment, les découvertes en architecture autour de la Renaissance permettront de se rendre maître du bâtiment, d’en faire un peu ce qu’on veut et de ne plus juste faire une grande nef en priant pour qu’elle ne tombe pas. Du coup, on pourra jouer des 3 arts à la fois (architecture, sculpture, peinture) et on pourra les synchroniser pour atteindre au mieux les objectifs de message.


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