Le Palais Royal d’Amsterdam

Promenade dans le centre historique d'amsterdam

Le Palais Royal d’Amsterdam

Voilà, après avoir vu la petite maison médiévale, gagnons le Palais Royal, qu’on reconnaît facilement à son beffroi. Gardons le monument aux morts dans le dos et approchons-nous de ce palais.

Cet édifice majestueux est construit en pierre dans un style bien peu habituel pour Amsterdam. Son architecte en est Jacob Van Campen. Ce hollandais est né en 1595 et a été formé, parcours classique, dans les écoles italiennes et françaises de la Renaissance. C’est pourquoi son travail s’inspire à la fois des édifices italiens, pour l’emploi de la pierre, et des bâtiments français pour leur ressemblance avec l’architecture des hôtels particuliers parisiens.
C'est un édifice imposant dont la partie centrale avance légèrement. De chaque côté, les ailes se terminent par un pavillon, une description qui pourrait correspondre à celle de n'importe quel édifice français du 17ème. C'est l’architecte français François Mansart qui est à l'origine, au 17ème siècle, de ce style dit classique. Le modèle français est alors la marque de l'élégance. Regardons le bâtiment : quelle est l’impression qui s’en dégage ? Très certainement la force et le calme. En fait, cela provient de 3 choses : de l'organisation de la façade en travées régulières et symétriques, de l'emploi de la pierre et enfin du peu de décor et d'ornement. Cela dit, la tour qui le surmonte le différencie un peu des édifices classiques. C'est un beffroi, sorte de clocher laïc d’où l’on sonne le tocsin en cas de danger et d’où l’on surveille l'arrivée des bateaux. Il est couronné d’une girouette qui reprend le plus ancien blason de la ville : le bateau de commerce. Autre particularité du bâtiment, il a été commandé pour remplacer un bâtiment gothique plus simple qui datait du 14ème. Ce sont les marchands et les armateurs qui ont financé sa construction. Et regardez maintenant son fronton. On y voit tous les symboles à la gloire de la ville : voyez au centre : c’est Amsterdam, sous la forme d’une silhouette féminine couronnée, les pieds posés sur le corps d'un lion. Elle se tient au milieu de créatures mythiques telle les licornes dont nous voyons dépasser les cornes à droite et à gauche du lion. On trouve aussi des créatures fantastiques du monde marin, monde auquel la ville doit sa prospérité : naïades, tritons, dauphins. Levez maintenant les yeux au-dessus du fronton : des statues de bronze brandissent les attributs de leur fonction : à gauche, nous reconnaissons la prudence avec son miroir. Au centre, c’est la paix avec son rameau d'olivier, et on la voit tenir un gouvernail : c’est bien sur le gouvernail de la cité. Et sinon, regardez à droite : c’est la justice et sa balance. Cet édifice a été construit peu après la fin de la guerre contre l’Espagne, c'est-à-dire vers la fin du 17ème. S’ouvre alors une période faste pour la Hollande : ce sera son âge d'or et Amsterdam devient l’un des 1ers ports de commerce européen. Cette prospérité glorieuse doit se refléter dans les édifices de la ville et c’est l’ambition du de ce bâtiment. Cet hôtel de ville provoqua une telle fierté dans cette population de marchands qu’on lu, lors de l’inauguration, le poème suivant « Illustre construction, huitième merveille du monde, dressée sur tant de pierres, que tant de bois soutiennent ! » Aujourd’hui encore, on apprend aux écoliers hollandais le nombre de pieux de bois qui fut nécessaire au soutien de l’édifice : 13.659 !  Ils sont enfoncés de 18 m dans le sol.

Encore un dernier détail : avez-vous remarqué que l'édifice donne de plain-pied sur la place? Ne cherchez pas d'entrée majestueuse ou d'escalier d'honneur. On voit 7 arches sans décors qui permettent d'accéder à l'intérieur en toute simplicité. C'est un rappel de la période médiévale, quand le premier hôtel de ville, gothique lui aussi, a été construit. Il comportait au rez-de-chaussée, une sorte de galerie sous arcade où la justice publique était rendue. Dans cette galerie tous les délits y étaient jugés sauf ceux punis de la peine de mort et tout le monde pouvait assister aux débats. Le bâtiment fut ravagé par un incendie en 1808, et restauré sur ordre de Louis Bonaparte, frère de Napoléon alors roi de Hollande. Il le transforma en palais royal, ce qu’il est toujours même si les souverains des Pays-Bas n’y résident qu’à de rares occasions.


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