L’intérieur d’Oude Kerk

Promenade dans le centre historique d'amsterdam

L’intérieur d’Oude Kerk

Nous voici devant l'entrée de l'église. Ici pas de grand portail sculpté, juste une porte dans une petite excroissance rectangulaire. Regardez au-dessus de la porte : vous voyez un bandeau de pierre qui porte, à gauche, les armes de Maximilien d'Autriche - l'aigle bicéphale - et à droite, celles de Philippe de Bourgogne. Tous deux ont financé une partie de l'édifice. Voyez à gauche de l’entrée maintenant : et remarquez la gouttière décorée aux armes de la ville. La structure de l'église est occultée par un ensemble de bâtiments qui s'accrochent à elle et nous avons l'impression d'être devant un fouillis inextricable sans aucun plan d'ensemble. Il est possible d’entrer dans l’église. Cette visite est payante et le prix est d’environ 5 euros.

La taille et la clarté de cet édifice sont inattendues. C'est une église à 1 nef flanquée de bas côtés. Plaçons-nous le plus en son centre possible.

Vous êtes au milieu ? Bien alors, regardons les voûtes. Elles sont en bois, moins lourd que la pierre. Toute l'église repose sur des pilotis de bois qui lui confère sa stabilité à condition de bien repartir les charges. L'église des origines a disparu, modifiée aux 15ème et 16ème siècles, période où l’on a surélevé la nef centrale qui avait auparavant la même hauteur que les bas cotés qui eux sont donc ceux du 14ème siècle. Regardons maintenant le chœur, lui aussi, très clair et vaste, il a été remanié plusieurs fois. Celui que nous voyons date du 16ème. Il est éclairé par de grandes baies aux verres blancs. Dirigeons nous vers le chœur et entrons dans l'espace que ferment des stalles en bois.

C’est ici que se trouvait l'autel quand l'église était encore catholique. Il n'y est plus, mais on a conservé les stalles. Approchons-nous pour en regarder les sièges.

Ces sièges s’appellent des miséricordes. Un nom qui vient du fait que pendant les offices, qui duraient des heures, certains moines fatigués pouvaient s'asseoir tout en faisant semblant d'être debout. Ces miséricordes sont, comme vous pouvez le constater, toutes sculptées de petites scènes sans rapport avec des thèmes religieux. Ce sont, en général, des illustrations de proverbes pris dans un sens littéral ce qui en rend l'interprétation assez difficile pour nous. Prenez le temps de les regarder puis revenons vers le centre de l’église.

Nous sommes donc au centre de l’église. Les dalles au sol sont toutes des pierres tombales. La raison en est simple : il y avait trop peu de place autour de l'église pour installer un cimetière. Qu’à cela ne tienne : du coup, on l'a donc fait entrer à l'intérieur. Il y a des dalles très simples et d'autres plus travaillées, mais la plus émouvante sans doute est celle qui mentionne le nom de Saskia la femme de Rembrandt. Elle se trouve à gauche du petit orgue situé en face de l'entrée.

La dalle éclairée, porte le nom de la jeune femme et la date de son décès. Elle est la mère de Titus le seul fils du couple qui ait survécu. Elle est morte, huit ans après son mariage, peut être de la peste, laquelle sévissait encore dans les ports au 17ème siècle. Elle a été le modèle du peintre pour bien des tableaux entre 1634 et 1642. Ces tableaux et donc avec eux le beau visage de Saskia, sont visibles au Rijksmuseum. Rembrandt lui est inhumé dans une autre église de la ville, la Westerkerk . Il est mort en 1669 à l'autre bout de la ville. Avançons maintenant jusqu'à la chapelle de la Vierge. Lorsqu’on est dos à l’entrée, elle est à gauche du chœur. Autre moyen de ne pas la manquer : c'est la seule chapelle aux vitraux colorés et historiés.

Dans ce vaste édifice il existe peu de vitraux historiés !ceux là datent du 16ème siècle, juste avant que l'édifice ne tombe aux mains des protestants et sont assez surprenants. Ils évoquent les principaux évènements de la vie de la Vierge : regardez sur le vitrail le plus à gauche : nous reconnaissons l’Immaculée Conception et la Visitation. Voyez la verrière de droite : la Nativité est représentée. Nous reconnaissons l'âne, le bœuf, l'enfant et la vierge devant lesquels viennent s'agenouiller les rois mages. Quant à la Dormition, elle est présente sur la paroi à droite de la nativité. Qu’est ce que la Dormition ? Et bien, c'est le moment où la vierge s’endort à ce monde pour rejoindre son fils, car selon la doctrine catholique, la Vierge ne meurt pas. Dans la partie la plus basse du vitrail, les personnages représentés agenouillés sont les donateurs. Leurs armoiries permettent de les identifier. Les protestants récusent la partie du dogme catholique qui entoure la vie de la Vierge et plus particulièrement la Dormition. Ces vitraux datent du milieu du 16e siècle, pleine période de tension entre communautés catholiques et protestantes. On peut s’étonner de les trouver encore debout dans une église devenue protestante, mais la beauté du coloris, la qualité des dessins en trompe-l'œil ont préservé ces verrières d'une démolition qui aurait, c’est certain, enlevé à l'édifice une grande partie de son intérêt. Revenons vers le centre de l'église.

Regardez au fond de l'édifice le grand orgue. Il a été placé là au 18ème. C'est le plus bel orgue de la ville, et, au dire des experts, le plus parfait. Il ne servait pas pendant les offices religieux, la musique y étant interdite, mais les organistes ont obtenus l'autorisation d’en jouer après les offices et au moment des fêtes civiques. A gauche de l'orgue, quand nous le regardons depuis le centre de l'église, nous voyons une porte surmontée d'un joli linteau sculpté. Elle date du 16ème siècle et ferme l’accès à la chapelle du baptistère. Le baptême, comme tous les sacrements, fut supprimé dans la religion réformée. Dans la chapelle située à gauche du baptistère se trouvent les 2 monuments funéraires de 2 grands amiraux de la flotte hollandaise des 17ème et 18ème siècles.

Les plaques qui ornent les murs de chaque côté de la fenêtre sont des plaques commémoratives des gloires de la marine hollandaise. Il ne faut jamais oublier que la Hollande est un pays où la mer, toujours présente, joue un rôle fondamental. En conséquence, les grands officiers qui ont fait sa gloire et qui ont œuvré pour l'indépendance politique et économique du pays ne peuvent être que des amiraux. De chaque côté, des anges soufflent dans des trompettes pour signaler la gloire du mort dont une représentation allongée, épée dorée à la main, se trouve à la base du monument.
Vous pouvez maintenant déambuler à votre guise dans l’église puis ressortir ensuite par la porte par laquelle nous sommes entrés.


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