L’histoire d’Aix-en-Provence

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L’histoire d’Aix-en-Provence

Vous êtes maintenant sur la Place de l’Université placée au cœur du plus ancien quartier de la ville : c’est le « Bourg Saint-Sauveur ». Devant vous se trouve la longue façade de la Cathédrale du Saint-Sauveur, reconnaissable à son large portail sculpté. Derrière vous, le beau bâtiment en pierre de taille qui occupe la plus grande partie de la place : c’est l’ancienne faculté de droit. Il nous rappelle que c’est sur cette place que fut créée, en 1409, la première université en Provence. En soi, cette fondation, approuvée alors par le pape, fut déterminante, car elle décida de la vocation d’Aix à devenir l’un des pôles d’enseignement les plus actifs du pays. Une vocation jamais démentie puisqu’aujourd’hui encore l’Université de Provence est la plus importante de France après celle de Paris. Le bâtiment actuel fut élevé au 18e siècle, il accueille actuellement l’Institut d’Etudes Politiques.

Quelques mots sur l’histoire d’Aix-en-Provence. Pour cela, faisons un grand pas en arrière et revenons au 3ème siècle avant notre ère sur la colline d’Entremont, située à quelques kilomètres au nord de la ville. Là pendant quelques siècles, la tribu locale des Salyens vécut des jours heureux. Les Salyens formaient une tribu puissante puisqu’ils contrôlaient un vaste territoire allant du Rhône à la Durance. De fait, ils inquiétaient leurs voisins. Ils inquiétaient essentiellement les Massaliotes, des populations d’origine grecque installées dans l’actuelle ville de Marseille, Massalia à l’époque, au point que ces derniers firent appel à Rome pour régler le problème. En 123 avant notre ère, les armées romaines prirent Entremont et réduisirent à néant la puissance des Salyens. Peu après, le proconsul Caïus Sextius fonda une nouvelle ville au sud d’Entremont, à proximité de sources d’eaux chaudes et froides : il la nomma modestement « Aquae Sextiae Salluviorum » : Aix-en-Provence était née ! La ville prospéra rapidement et se dota de toute la panoplie d’édifices des villes romaines  avec un forum, des temples, des villas luxueuses et un bon réseau de routes. L’essor de la ville reposait alors autant sur la richesse de son terroir que sur ses échanges avec la vallée du Rhône. Importante tant sur le plan économique que politique, Aix accueillait un archevêque dès la fin du 4e siècle. D’ailleurs, c’est sur les restes de l’ancien forum romain que le quartier épiscopal, le « Bourg Saint-Sauveur » s’implantera, juste à l’endroit où vous vous trouvez en ce moment. Au moyen-âge, la ville commença à sortir de ses murs, vers le sud-est c’est à dire vers la Place des Prêcheurs qui devint le quartier du Palais. Car désormais, Aix était une ville puissante qui fut élevée au rang de capitale des comtes de Provence. Au 13e siècle, grâce au jeu des alliances, elle passe aux mains de la prestigieuse Maison d’Anjou, plus précisément aux mains du frère de saint Louis. Ce comte d’Anjou règne conjointement sur le royaume de Naples et Naples compte plus aux yeux des Anjou que cette bourgade provençale. Aix doit être patiente.
Tout change au 14e siècle. C’est l’époque des grands traumatismes: à un fléau en succède un autre. C’est d’abord la peste de 1348, si meurtrière pour la Provence. Si vous allez à Fontaine de Vaucluse, vous écouterez notre commentaire sur le poète Pétrarque épris de la belle Laure de Noves, qui décéda de ce fléau. A cette peste s’ajoutèrent ensuite le brigandage et l’insécurité, qui furent les conséquences de la fin de la Guerre de Cent Ans. Il faudra attendre le 15e siècle pour qu’un homme providentiel rehausse Aix : il s’agit du roi René Premier d’Anjou, le « bon roi René » comme on dit ici. Lettré, humaniste, protecteur des arts, décidément, le roi René avait toutes les qualités pour faire d’Aix un foyer artistique de premier ordre. Sculpteurs, architectes, peintres sont convoqués, ils ne viennent pas d’Italie, mais de Bourgogne, de Picardie, des Flandres et réalisent des chefs-d’œuvre comme le Retable de l’Annonciation toujours conservé dans l’Eglise de la Madeleine. 1481, voilà une autre date déterminante pour la ville, car en 1481 le comtat de Provence est rattaché à la couronne de France et le roi Louis 12 y établit en 1501 un Parlement chargé de le représenter. Au 17e siècle, Aix est vraiment ville capitale, résidence d’un archevêque, d’un gouverneur, siège de parlement, de Cour des comptes. C’est bien le siècle de Louis 14 qui fait Aix telle que nous la connaissons. Mais la magistrature n’est pas tout et l’activité économique de la ville est médiocre. Par ailleurs, les conflits des gentilshommes aixois avec les paysans, la vie dissolue d’une partie d’entre eux finissent par la discréditer alors que la Révolution gronde. Et c’est vrai que la Révolution ne sera pas tendre avec elle, et le jugement sans appel : triple déchéance: déchéance sociale, mais aussi politique et démographique. Ravalée au rang de sous-préfecture au profit de sa rivale Marseille en plein essor, Aix se drapera dans sa gloire passée, entretenant une image élitiste, et aristocratique au point de refuser le train au 19e siècle pour ne pas faire populaire et éviter les migrations. Elle deviendra la ville des juristes, des universitaires et des médecins. Le sursaut ? Il arrivera tardivement, mais il sera très soutenu, au point de transformer la région d’Aix-en-Provence en un véritable pôle d’activité high-tech mais aussi culturelle et touristique en à peine une trentaine d’années. Aujourd’hui, avec 140 000 habitants, Aix-en-Provence « la baroque » est une ville à nouveau en pleine expansion


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