Le portail principal de la cathédrale

Promenade de decouverte d'aix-en-provence

Le portail principal de la cathédrale

Décalez-vous maintenant sur la gauche afin d’admirer le portail principal de la cathédrale.

Vous êtes maintenant devant le portail principal de la cathédrale. Comme vous le voyez, c’est un portail beaucoup plus complexe que le précédent. Sa façade date du 15e siècle et se rattache à ce que l’on appelle le « gothique flamboyant », un terme inventé au 19e siècle pour qualifier le gothique finissant. Regardons et découvrons ensemble plus attentivement la façade du portail. Il se compose de deux parties : il y a l’entrée à proprement parler qui fut réalisée au 15e siècle. Et au-dessus, il y a une belle fenêtre construite au 19e siècle et décorée d’un vitrail. Regardez au-dessus encore : le tout est couronné par une statue de l’archange saint Michel en train de terrasser le démon. A gauche, se trouve le clocher de l’église, construit au 14e siècle, mais en partie restaurée au 19e siècle.
Et sinon, vous voyez que cette façade est flanquée sur les côtés de deux gros blocs de maçonnerie, les contreforts. Ces contreforts sont décorés de longues petites niches couronnées par un toit en pyramide destinée à recevoir des statues, on les appelle des pinacles. Dès le premier coup d’œil, on comprend l’astuce : la densité de ce décor avec son accumulation de petits éléments miniaturisés fait pratiquement disparaître la structure massive des contreforts. Maintenant, regardons la partie centrale de la façade, c'est-à-dire le portail. Comme tous les portails gothiques, celui d’Aix est couronné par un lourd pignon pointu, que l’on appelle un gâble. Mais ce qui est propre à l’art gothique flamboyant, c’est que ce « gâble » n’est pas rectiligne. Pas du tout. Regardez bien, on a plutôt l’impression que ses deux côtés s’incurvent dès leur base pour se donner de l’élan et se réunir en bout de course en donnant naissance à un motif végétal qui évoque un chou, un chou frisé. Vous remarquerez aussi que ce chou ne vient que couronner une attirance pour les décors de feuilles, pour ne pas dire de flammèches, présent déjà sur tout le gâble. Au bout du compte, on a l’illustration de ce que l’on entend par « gothique flamboyant » : sens du détail, accumulation de décors, exubérance des formes, choux, fleurons, flammèche… Avec le style flamboyant, le gothique devient en fait plus courtois, plus sensuel, moins grave. La sculpture s’élance à l’assaut de toute la pierre à l’intérieur comme à l’extérieur, elle devient aussi moins hiératique, plus humaniste comme nous allons le voir en poursuivant notre découverte de ce portail.

En fait, c’est à l’encadrement du portail que nous allons maintenant nous intéresser. Regardez autour de la porte : vous voyez trois larges arcs concentriques qui soulignent la porte et que l’on appelle des «  voussures ». Ces voussures sont décorées de chaque côté de la porte de statues-colonnes représentant les Apôtres. Ils sont placés sous de petits dais, trois à droite et trois à gauche. Les 6 autres, car il y a 12 apôtres sont nichés un peu plus loin dans les contreforts latéraux à droite et à gauche du portail. Au milieu de la porte, le pilier central est décoré par une sculpture de la Vierge à l’Enfant. Comme pour les statues des Apôtres, c’est une copie de l’original. Mais revenons à nos voussures. Mais cette fois, passons à la partie supérieure du décor. C’est à dire autour de l’arc du portail. Ce décor est composé de trois voussures, une ruinée, et deux autres représentant une frise de vieillards et une frise d’anges. Pour mieux voir le décor, traversez la rue et placez-vous sous le portail.

Regardez la voussure la plus extérieure : elle est décorée d’une suite de 10 vieillards barbus, ce sont les Prophètes de l’Ancien Testament. Il faut s’approcher un peu plus et presque coller son nez sur ces reliefs. Alors approchez-vous encore.

Sous le portail, on voit mieux. Alors ces Vieillards ? Ce ne sont pas n’importe quels vieillards, ce sont des Prophètes, de l’Ancien Testament considérés comme les annonciateurs de la venue du Messie donc du Christ sur Terre. On remarque tout de suite le naturel de ces Vieux Sages, le raffinement dans le traitement du détail, comme les barbes des visages, le drapé des manteaux. Vous les voyez bien ? tous sont représentés en train de méditer derrière leur table de travail, comme des lettrés du 15e siècle dans leur cabinet d’étude. Et là, il y a un autre aspect du gothique flamboyant: c’est ce goût pour le naturel, le réel. Cela développe un sens de l’observation qui libère la sculpture et annonce la Renaissance.
Humaniste, lettrés, tels sont représentés les Prophètes de la cathédrale. Mais comment n’y pas voir aussi un effet de miroir : après tout, l’Université de la ville, rattachée à la Cathédrale, se trouvait aussi sur cette place. Et ce, depuis le début du 15e siècle, et les lettrés de l’époque sont bien sûr les clercs qui officient justement à la cathédrale.

Pour finir et avant d’entrer dans la cathédrale, un coup d’œil sur le tympan qui est juste au-dessus de la porte. Remarquez les quelques traces de peintures qui apparaissent sur les voussures. Comme tous les portails médiévaux, celui d’Aix-en-Provence était coloré.


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