Le baptistère de la cathédrale

Promenade de decouverte d'aix-en-provence

Le baptistère de la cathédrale

Avancez maintenant sous la seconde travée puis descendez, sur votre droite, les quelques marches qui conduisent au baptistère. Il se cache derrière un bouquet de monumentales colonnes en marbre.

Vous avez maintenant quitté la nef Saint-Maximin pour rejoindre, sur sa droite, le baptistère de la cathédrale. Placez-vous sous la coupole lumineuse du baptistère.

L’endroit est saisissant : nous voyons une cuve du 6e siècle de notre ère. Cette cuve est entourée par un passage décoré de huit colonnes monumentales en marbre ou en granit. Nous allons décrire cet ensemble ainsi que ce qu’était la cérémonie du baptême au 6ème siècle. Maintenant, levez la tête. Ces colonnes, très anciennes, portent un large cylindre percé de 8 fenêtres en ovales disposées horizontalement. En fait, ce « cylindre » est destiné à recevoir la coupole, et en architecture on parle de « tambour ». D'ailleurs, vous voyez bien que sur ce « tambour » donc, une belle coupole à huit pans se repose, à son tour éclairée par huit nouvelles ouvertures. Vous suivez toujours ? Le tout –ouf !- est couronné par une toute petite lanterne effilée que l’on appelle un lanternon, elle aussi chargée de diffuser plus encore de lumière vers le baptistère.
Si la cuve baptismale date du 6e siècle, date de la fondation de la première cathédrale, la coupole est évidemment beaucoup plus tardive. Sa couleur, crémeuse, rehaussée de gypseries c'est-à-dire de décors à base de plâtre, trahissent son époque, la fin de la Renaissance, les années 1580. On connaît d’ailleurs le nom des architectes, Pierre et Antoine Laurens, le père et le fils, architecte et décorateur ! Mais il faut dire quelques mots sur cette cuve baptismale. Elle se présente comme une fosse en briques de forme octogonale. Si le monument n’était pas important, on ne l’aurait pas enveloppé dans cette colonnade de granit et de marbre, pas plus on ne l’aurait recouvert de placages de marbres aujourd’hui disparus. Non, un baptistère était quelque chose de très important au 6e siècle de notre ère. D'abord, toutes les villes n’en possédaient pas, car la présence d’un baptistère était révélatrice de l’importance de la cité, la preuve que la ville possédait un évêque. En effet, c’est à l’évêque que revenait le sacrement du baptême.
A cette époque, on ne baptisait qu’une fois par an: la nuit de Pâques. Les catéchumènes, ceux qui allaient recevoir le baptême étaient des adultes. Sous la conduite de l’évêque, ils devaient descendrent nus dans la cuve remplie d’eau, s’immerger, puis ressortir de l’autre côté pour revêtir une tunique blanche, blanche comme la lumière. L’importance donnée à la lumière est fondamentale dans la liturgie primitive, car c’est en passant dans la cuve baptismale que l’homme passe des ténèbres à la lumière, de l’ignorance à la connaissance de Dieu. On comprend alors l’importance de cette coupole car, grâce à elle, le baptistère est inondé de lumière. Grâce à elle, le baptême peut revêtir toute sa charge symbolique. Par ailleurs, la répétition du chiffre huit, le nombre de colonnes, la forme de la cuve ne sont pas hasardeux. Ce chiffre « huit » était le symbole de la vie nouvelle, il faisait directement référence aux 8 jours écoulés entre l’Entrée du Christ à Jérusalem et sa Résurrection le dimanche de Pâques. Pour finir, alors que le christianisme est une religion pour le moins pudique, on est étonné d’imaginer ces colonnes de personnes qui se baignent nues. Rassurez-vous ! Les nouveaux baptisés ne pouvaient se montrer dans le plus simple appareil au regard des fidèles. Des rideaux ou des cloisons légères étaient installés autour de la cuve. Avant de quitter le baptistère, faites donc un petit tour jusqu’à la niche qui décore l’angle droit de la salle.

Vous êtes maintenant juste à l’angle droit du baptistère. Il y a ici deux choses intéressantes. D’abord, les restes d’un tapis de mosaïques qui date du 6e siècle et qui marque le niveau primitif de la cathédrale. Plus haut, dans la niche, il y a un fragment de peinture murale représentant une sorte d’oratoire encadré par des figures de saint, sur un fond bleu très dense. Au-dessus, une autre représentation très abîmée aussi. On reconnaît un bœuf bleu présentant un rouleau de parchemin entre ses pattes, un phylactère, tout en se retournant vers la gauche. Il s’agit sans doute du symbole de l’évangéliste Luc, le bœuf. Autrefois, le bœuf se retournait sans doute vers l’image du Christ sur son trône de gloire. Les peintures datent de la fin du 13e siècle.


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