La rue Gaston de Saporta

Promenade de decouverte d'aix-en-provence

La rue Gaston de Saporta

Vous pouvez maintenant sortir de la Cathédrale. Traversez la nef centrale pour rejoindre la nef Saint-Maximin où se trouve la sortie de l’église.

Vous êtes maintenant sur le parvis de la cathédrale, en face, de l’autre côté de la place se trouve la façade de l’Institut d’Etudes politiques. A gauche de la place, c’est la rue Gaston de Saporta qui descend jusqu’à la Place de l’Hôtel de Ville. Rendons-nous au début de cette rue de Saporta et arrêtons-nous devant la façade de l’Hôtel de Maynier d’Oppède au N°23. C’est une des rues les plus délicates et les plus animées de la ville qui porte désormais le nom d’un botaniste distingué qui vécut à Aix au 19e siècle.

Placez-vous sur le trottoir de gauche de cette rue de Saporta. Devant vous, sur le trottoir de droite donc, se trouve l’Hôtel de Maynier d’Oppède. Il porte le nom d’une des grandes familles d’Aix-en-Provence qui ne donna pas moins de 4 premiers présidents au Parlement de Provence! L’Hôtel n’est pas isolé : juste à sa gauche se trouve l’Hôtel de Grimaldi-Regusse, au N°21, et plus loin encore, au N°19, l’Hôtel de Chateaurenard. En fait, la plupart des hôtels d’Aix-en-Provence sont issus de ce que l’on appelle la noblesse de robe, par opposition à la vieille noblesse appelée –elle- la noblesse d’épée. A Aix, elle regroupait tout au plus une cinquantaine de familles ambitieuses, de fortunes variables, mais toutes animées par un désir de gloire et de luxe. Ce sont ces familles qui firent la «société» aixoise des 17 et 18e siècles. Et ce sont elles qui firent de la capitale de la Provence une ville à part, un haut lieu du baroque en France. Mais revenons à notre Hôtel Maynier d’Oppède qui n’est que l’un des 170 hôtels, mais n’est-ce pas plus ? Recensés dans la seule vieille-ville d’Aix ! L’Hôtel Maynier d’Oppède tel que nous le voyons aujourd’hui a été remodelé en 1757 par l’architecte George Vallon et le sculpteur André Chastel, deux des artistes les plus actifs dans la mise en valeur de la ville. L’architecture palatiale aixoise suit traditionnellement deux types de plans : à savoir le plan parisien et le plan italien. En l’occurrence, ici, il s’agit du plan italien. Il se caractérise par une façade donnant directement sur la rue et par un jardin à l’arrière. La façade de l’Hôtel Maynier d’Oppède est assez élégante et élancée. Elle est rythmée par trois niveaux dont un rez-de-chaussée. Ce dernier est percé par un large portail et par deux grandes fenêtres fermées par un arc surbaissé décoré de têtes sculptées. Regardez en particulier la fenêtre de gauche avec ce personnage barbu qui créé immédiatement une animation dans cette partie de la façade. Par ailleurs, vous remarquerez que ce rez-de-chaussée se distingue des étages supérieurs par le soin apporté au traitement des murs d’angle et au pourtour de la porte : la pierre dessine comme un appareillage illusionniste qualifié de « refends ».
Passant à l’étage supérieur, vous remarquez que le décor change : c’est une façon de distinguer les parties nobles de l’édifice de la cour à carrosses. Maintenant, le mur est lisse, mais regardez au niveau de la fenêtre centrale : il accuse une légère saillie. Cette saillie est soulignée par une belle ferronnerie agitée qui suit l’articulation du balcon. Et puis voici la monumentalité dans ses œuvres : il y a 1, 2, 3, 4 pilastres –ce sont ces sortes de colonnes aplaties-, qui se suivent en rythmant la façade, couvrant les deux niveaux d’un seul élan. Ils contribuent à créer un effet dynamique soutenu vers le haut du bâtiment. Regardez-le haut des pilastres : ils sont couronnés par de lourds chapiteaux corinthiens très sculptés sur lesquels repose un long bandeau de pierre l’entablement. Cet entablement est souligné, tout en haut, par une délicate frise composée de petits carrés en saillit que l’on appelle des « denticules ». Equilibre, ordonnance, la façade est une réussite. D’ailleurs, si vous comparez rapidement cette dernière avec celle de l’Hôtel qui se trouve juste à sa gauche -l’Hôtel de Grimaldi-Regusse- le contraste est saisissant. La seconde façade, longue et dépouillée, nous semble beaucoup plus ennuyeuse. Ce qui les unit, c’est le matériau : cette pierre dorée utilisée dans la plupart des hôtels est particulièrement bien adaptée à la lumière provençale : ce calcaire est dit « coquillier et doré » -car il contient de nombreuses coquilles, c’est à dire de petits fossiles. Il est extrait aux environs d’Aix dans les carrières de Rognes et de Bibémus. Avant de continuer, jetez donc un coup d’œil sur la porte en noyer: à elle seule, elle vaut le détour. Et ensuite, continuons notre ballade.


<< 10 - La nef Notre-Dame de...         12 - Le Palais de l’Arche... >>

Sommaire complet du dossier :