Le Palais de l’Archevêque

Promenade de decouverte d'aix-en-provence

Le Palais de l’Archevêque

Si la porte vous a plu et bien tant mieux, car dans quelques minutes nous ferrons un petit parcours afin d’en admirer toute une série ! Pour le moment, continuez à descendre la rue Gaston Saporta sur le trottoir de gauche et arrêtez vous sur la Place des Martyrs de la Résistance, c’est la première à gauche. La place est juste dans l’axe de l’Hôtel Grimadi-Regusse.

Vous voilà donc sur la Place des Martyrs-de-la-Résistance, sous un platane, près des terrasses des cafés. Devant vous, la rue Gaston-Saporta et l’Hôtel Grimadi-Régusse. Derrière vous, tout au fond de la place vous apercevez une façade impressionnante et dont le portail est souligné par un lourd tympan sculpté : il s’agit du Palais de l’Archevêque. Traversez la place et retrouvons-nous juste sous la façade du Palais archiépiscopal.

Voici donc ce fameux Palais de l’Archevêché. Fameux car c’est sans doute l’un des édifices les plus connus d’Aix. Tout d’abord, il faut noter l’importance de ce titre d’archevêque et sur l’importance qu’il eut dans la cité aixoise. Rappelons que théoriquement l’archevêque est le premier des évêques d’une province ecclésiastique, le chef de l’Eglise locale en quelque sorte. En réalité, il était beaucoup plus tant le sacré et le profane faisaient bon ménage sous l’ancien régime. Au 17e siècle, à Aix, l’archevêque est à la fois un prince de l’Eglise mais encore l’intermédiaire entre le souverain et les représentants du Pays. Son importance politique fait que sa nomination revient au souverain. Autant dire que les archevêques furent toujours triés sur le volet. Parmi eux, on trouve ainsi Michel Mazarin, le frère du puissant cardinal Mazarin qui fit la pluie et le beau temps sur le royaume de France entre 1643 et 1661. Michel Mazarin, comme les autres archevêques, s’impliqua totalement dans la mise en valeur de la ville et de la région au point d’apparaître comme l’homme de toutes les situations. Dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi les archevêques donnent à leur résidence l’aspect d’un palais royal !
La construction des bâtiments actuels aurait duré près de 80 années, de 1650 à 1730. Regardez cette façade : elle est tout simplement monumentale : elle superpose trois niveaux rythmés par de grandes fenêtres. Voyez comme elles sont légèrement cintrées et entourées d’une fine moulure. Pourtant, cette façade semble s’effacer devant la puissance de son portail. Plus qu’un portail, il s’agit en fait d’un véritable arc de triomphe à l’exemple de ceux, éphémères, que réalisaient les architectes pour les entrées royales. Regardez comme il se présente: agressif voire hautain dans son organisation presque mécanique que l’on pourrait résumer à un « pilastres-entablement-fronton-armoiries ». L’entablement, justement, revenons-y. Vous le voyez bien, c’est ce bandeau qui se trouve juste entre le haut des pilastres et le fronton, ce fronton très saillant, très lourd. Regardez, cet entablement est décoré par quatre triglyphes, ce sont ces petits ornements décorés de trois rainures verticales. Oui, mais voilà, les pilastres sont bien minces pour porter un tel fronton. Et regardez ce fronton, il est tellement gourmand qu’il s’étale presque sur les fenêtres latérales. Enfin, que dire de ces longs pilastres dits « à refend », c'est-à-dire décorés d’un réseau de lignes imitant la jointure des pierres ? Il sont plutôt menus. Ils descendent très haut du haut de la façade pour finir à moitié dévorés par la largeur du portail ? Bizarre non ? Pas tant que cela affirmeront certains si l’on replace le portail dans son époque, la Régence : c’est à dire la période qui se place entre la mort de Louis 14-en 1715- et l’avènement de Louis 15, en 1723. Et la Régence c’est l’époque des arrangements amusants, de la fantaisie, c’est l’époque où chaque demeure veut avoir le portail le plus fantaisiste dans sa composition. Tout le luxe doit se concentrer là sur le seuil de la maison et la partie la plus saisissante de ce portail n’est-elle pas à ce titre sa porte, sa fabuleuse porte en bois de noyer, couronnée par deux vantaux décorés d’arabesques, de volutes et d’un masque grimaçant au-dessus d’une cartouche laissée vide ? Vous la voyez ? Mais pas encore d’assez près. Alors approchez vous un peu plus près encore pour voir cette fois l’une des plus belles têtes sculptées de la ville. Voyez, juste au centre de la porte, juste à l’articulation entre les deux vantaux, cette tête d’un jeune homme portant le turban à la turque. Au fait, pour information, sachez que le palais de l’Archevêché accueille également le Musée des Tapisseries.


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