La façade de l’Hôtel de ville

Promenade de decouverte d'aix-en-provence

La façade de l’Hôtel de ville

Allons maintenant regarder du côté de la façade de l’Hôtel de ville. Vous êtes toujours près de la fontaine de la place, mais cette fois le spectacle est devant vous : la façade de l’Hôtel de ville. Avez-vous d’ailleurs remarqué que cette place, très fermée, évoque un peu un théâtre dont la scène serait justement l’Hôtel de Ville ?Alors venons-en à cette façade. En 1655, un architecte, Pierre Pavillon, fut convoqué pour réaliser la façade que vous voyez aujourd’hui.Quelques mots sur Pierre Pavillon. C’est un artiste formé à Paris, mais qui aurait beaucoup regardé l’architecture italienne. Autre facette de Pierre Pavillon, il a reçu aussi une formation de sculpteur, de sculpteur baroque même, friand de chérubins joufflus, de guirlandes végétales, ou encore de cartouches. Talentueux et sans doute bon communicateur, sa carrière sera lancée grâce à l’escalier de Châteaurenard, que certes Daret a peint, mais que lui a conçu. Et en 1655, Pierre Pavillon est désigné comme architecte du projet de rénovation de l’Hôtel de Ville. Ce sera le chantier le plus ambitieux de sa carrière. Alors regardez maintenant cette façade. Le plan est complexe puisqu’il intègre deux parties, une façade sur rue et une cour intérieure en « U » donnant accès à des pièces nobles.La façade se compose de deux niveaux et d’un rez-de-chaussée. Et chaque étage est recoupé par un entablement net et le tout est calé entre deux énormes contreforts. Tout cela lui donne une monumentalité beaucoup plus évidente qu’à la Halle aux Grains par exemple. Mais ça n’est pas tout. Laissez maintenant glisser votre regard vers le portail. C’est bien sûr le morceau de choix de la façade et tout est fait pour nous attirer vers lui. Par exemple, de chaque côté de la porte d’entrée, vous voyez deux colonnes couplées. Et bien, cela a pour effet d’insister sur le centre de la façade tout en attirant notre regard vers le haut lorsqu’on suit les colonnes. On arrive alors à ce balcon en fer forgé. Il est lui aussi encadré, mais par 2 paires de pilastres. Même cause, même effet : cela attire alors le regard encore vers le haut, c'est-à-dire vers un tympan semi-circulaire. Il est percé d’une niche, elle-même décorée par un buste de la République. On l’aura compris : tout cela est très baroque. Beaucoup de décorum et de théâtral : Regardez par exemple comment l’entablement du premier niveau est traité : lourds décors de guirlandes chargées de fruits, succession de cartouches au-dessus des grandes fenêtres…Tout est dans l’effet. Autrefois la décoration était encore plus chargée, mais le temps et les révolutions sont passés par là.Baroque aussi, car il y a du mouvement : un mouvement horizontal déjà : Jetez un œil à cette corniche supérieure, et voyez comme cette silhouette est ondulante, rythmée par de petits tympans cintrés toujours très richement décorés. Prenez le temps de bien voir ces petites ondulations. Et enfin, il y a aussi un mouvement vertical d’orientation du regard du bas vers le haut : par les niveaux successifs qui vont se rétrécissant, l’œil est guidé jusqu’au sommet, ici une personnification de la République. Ce procédé avait été très travaillé et mis au point par les architectes baroques, principalement dans les églises. Et ici, on voit qu’il est réutilisé dans cette cathédrale de la laïcité qu’est la Mairie.


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