La place d’Albertas

Promenade de decouverte d'aix-en-provence

La place d’Albertas

Après le fantasque, voici l’élégance ! En route pour la place d’Albertas, un des moments les plus délicieux d’une promenade à Aix. Pour vous y rendre, passez sur le trottoir de droite et continuez à marcher jusqu’au bout de la rue, cent mètres plus bas. Voilà vous êtes à l’angle de la rue Aude et de la rue Espariat. L’Hôtel d’Albertas est sur votre gauche, et la Place Albertas lui fait face sur la droite. C’est une petite place agrémentée d’une élégante fontaine. C’est l’un des endroits les plus charmants d’Aix-en-Provence. Justement, rejoignez la place et postez-vous juste à côté de la fontaine. Alors, vous êtes maintenant sur la place d’Albertas près de la fontaine et regardez. Il s’agit, une fois encore, d’un ensemble organisé comme une sorte d’amphithéâtre dont la scène serait occupée par la puissante façade de l’Hôtel Albertas et les gradins par la place elle-même. Et pourtant, l’Hôtel et la place correspondent à deux époques, à deux personnalités. D’abord celle d’Henri Reynaud d’Albertas, marquis de son état qui convoqua en 1724 Laurent Vallon pour le charger de rénover la façade de son hôtel démodé. Puis plus tard, c’est son fils Jean-Baptiste qui intervint. La rue était trop étroite et l’Hôtel encaissé, il fit donc l’acquisition des maisons alentours qui furent rasées. En 1745, il chargeait George Vallon, le fils de Laurent, -vous suivez ?- de construire une place semi-elliptique laquelle avec le temps est devenue l’un des endroits les plus photographié d’Aix-en-Provence. Tournez-vous maintenant vers la Place d’Albertas, nous allons la décrire ensemble. L’organisation voulue par l’architecte est très délicate. Du regard, faites le tour de la place : vous voyez qu’elle est fermée sur trois côtés par trois façades comprenant trois niveaux. Chaque étage est rythmé par des ouvertures adoptant des formes différentes. Par exemple au rez-de-chaussée, les fenêtres et les portes sont couronnées par un arc en plein cintre, c'est-à-dire en demi-tonneau. A l’étage, elles ne sont plus que légèrement cintrées. Par ailleurs, le rythme est donné par une succession de pilastres qui couvrent les deux niveaux supérieurs des façades alors que le rez-de-chaussée se contente d’un décor à refends. Les refends qui sont, rappelons-le, ces éternelles imitations de jointures de pierres. Au final, la fontaine, élevée au 19e siècle, vient agrémenter la place. Maintenant, regardez vers la façade de l’Hôtel, juste en face de la Place. Regardez-la bien. N’avez-vous pas comme l’impression que le modèle se trouve là ? En fait, l’ordonnance de la Place est intimement liée à celle de la façade de l’Hôtel Albertas qui lui fait face. On peut dire qu’elle en est le reflet, mais seulement un reflet, car passant de l’un à l’autre, faisons le, on se rend tout de suite compte que la façade de l’Hôtel se veut plus rigoureuse, moins précieuse. Faut-il y voir simplement la conséquence de l’évolution du style ou bien une volonté de distinguer l’un de l’autre. Nous ne savons pas. 


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