Vue panoramique du paysage de Florence

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

Vue panoramique du paysage de Florence

Nous voici maintenant au pied de l’escalier qui mène à l’église san Miniato. Donc, tout d’abord, il nous faut gravir cet important escalier qui est devant vous. Soyez assuré que l’effort qu’il vous coûtera sera largement récompensé. Retrouvons nous en haut de ces marches pour admirer un des plus beaux paysages de Florence

Si vous êtes arrivés par un bus pris devant la gare, vous avez remonté il viale dei colli. Cette route faisait partie de l’aménagement urbain que Florence connut à la moitié du 19ème siècle. En effet, de 1865 à 1870, la ville fut élue capitale de l’Italie nouvellement unifiée, honneur qu’elle devait à son glorieux passé historique et artistique. Une grande partie de la ville fut remodelée afin d’accueillir la cour et son gouvernement. Dans cette partie de Florence, on réalisa cette voie, destinée à desservir les hôtels particuliers qui la bordent et à servir de lieu de promenade pour les calèches. Vous avez vu ces hôtels particuliers luxueux, dotés de jardin. Un bon nombre d’entre eux a été reconverti en hôtel de luxe.

Avant de commencer notre visite du site, tournez-vous vers le paysage qui s’étend devant vous. Il est typique de la Toscane, par les harmonies de volumes et de couleurs qu’il contient. Gorgeons-nous bien de cette vision, car elle nous aidera à comprendre l’incroyable production des artistes florentins. Alors regardons, dans les lointains, les douces collines de Florence. C’est de l’une d’elles que vinrent les Médicis, ces maîtres de Florence du 15ème au 18ème siècle. Regardez en face de vous. Vous voyez émerger majestueusement le fameux dôme de Florence qui coiffe sa cathédrale. On comprend encore aujourd’hui le sentiment de fierté qu’il inspirait aux florentins des siècles passés. Il a été construit par Brunelleschi, un des plus fameux architectes de la renaissance italienne. Michel Ange, qui construira un siècle et demi plus tard la coupole de st Pierre de Rome, dira, en citant la coupole de Brunelleschi, qu’il lui donnerait une grande sœur qu’il espérait aussi belle.

L’oltrarno, c’est le nom que l’on donne à cet ensemble de quartiers et de collines qui se trouvent sur la rive gauche de Florence, où nous sommes actuellement. Lors de son aménagement au 19ème siècle, on donna à la nature une allure moins sauvage. À côté des vignes, on planta des oliviers, des cyprès, des pins parasols. On dressa d’élégantes et luxueuses villas, avec des jardins et des terrasses ornées de citronniers en pots. Mais il n’empêche, travaillée ou non, la nature florentine est toujours captivante. Écoutons Mary mac Carty, écrivain américain décédé en 1989, qui écrivit dans son livre « Les pierres de Florence » ;
« De nos jours, la Toscane est dans sa plus grande partie, cultivée, entretenue, et couverte au printemps de délicates nuances de différents verts : le jaune vert du maïs et du blé en herbe, le vert bleu du seigle, en face duquel défilent, comme pour les manœuvres de printemps, des colonnes d’oliviers vert argenté, de figuiers vert-jaune, de vignes sulfatées, bronze et bleu-vert, convergeant, changeant de front, se déployant, tandis que les cyprès et les pins parasols d’ un vert sombre, toujours dessinés de profil au sommet d’une colline, le long d’une pente, demeurent immobiles, aux aguets, brise-vent dressé contre le ciel d’un bleu pâle. »
On comprend mieux alors, face à la subtile richesse chromatique et plastique de cette nature, que Florence ait donné naissance à une telle lignée d’artistes. Mais à présent, retrouvons l’histoire de Florence. Regardons la colline qui nous fait face. Regardez à votre gauche. Regardez en haut : et vous voyez émerger le fort du Belvédère. Il s’agit de cette imposante construction qui date de l’extrême fin du 16ème siècle, construit pour le grand duc de Toscane Ferdinand 1er. Derrière lui, cachés à notre vue, s’étendent les fameux jardins de Boboli, les jardins du palais Pitti. Portez votre regard plus bas. Vous voyez le long de la pente de la colline, bien visible cette fois, ce qu’il reste des dernières enceintes de Florence.

Autour de l’an 1300, avec une population de plus de 100.000 personnes, la ville est au plus haut de sa poussée démographique. Le nombre est important : il est l’équivalent, à la même époque, de la population de Paris et de celles de Venise et de Gênes. Dans une Italie qui ne compte que pas plus de 10 millions d’habitants en 1340, alors que la France en compte 19 millions, Florence est donc une authentique métropole et elle grandit vite. Ainsi, anticipant une poussée démographique, les dirigeants florentins décidèrent la construction d’une nouvelle enceinte. Elle ne fut achevée qu’en 1333. Cette enceinte mesurait 8,5 kilomètres de circonférence, enfermait les 630 hectares de la ville, comptait 73 tours, 8 portes principales sans compter les poternes. Et elle sera assez étendue pour suffire à la ville jusqu’à la 2ème moitié du 19ème siècle. Ce que nous voyons en contrebas en est le vestige.


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