La façade de l’église

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

La façade de l’église

En plus d’être séduisante, son architecture est intéressante, car elle est la digne héritière du passé artistique de ce pays. Toutes les époques y sont représentées.

- de l’antiquité proviennent les colonnes et chapiteaux de réemploi visibles à l‘intérieur de l’église, mais aussi sur la partie basse de la façade. Vous les voyez ?
- de la tradition byzantine viennent les mosaïques, dont celle que nous voyons dans la partie haute de la façade.
- du monde paléochrétien : et bien il y a l’adoption du plan basilical. Car on retrouve ici la longue surface rectangulaire terminée par une abside saillante. C’était à l’origine un plan purement romain qui avait été repris par les 1ers chrétiens pour leurs églises.
- enfin, de l’orient musulman : il y a la polychromie des bandes de couleurs que nous avons sous les yeux. Cette influence du monde musulman fut introduite en Italie par les marchands pisans. Mais nous reviendrons plus tard sur chacun de ces éléments et pour l’instant, regardons la façade plus en détail.
Alors disons-le tout de suite, elle est un des plus beaux exemples de l’architecture romane en Toscane. Cette architecture s’exprime ici dans l’équilibre des lignes et la simplicité de son volume. La façade est l’expression franche de son plan : les 3 portails renvoient aux 3 nefs, la nef centrale se devine plus large que ses collatéraux et beaucoup plus haute.
Elle date de la fin du 11ème et du début 12ème siècle. Elle frappe par son ornement polychrome composé du marbre blanc de Carrare et du marbre vert de Prato. Son décor s’organise en un jeu d’assemblage de panneaux. 2 sections la composent. Regardez la partie basse : on voit une section horizontale, rythmée par 5 arcs. Entre eux, il y a des colonnes antiques réemployées. Dans sa partie haute, vous voyez une section de forme quadrangulaire qui est surmontée d’un fronton triangulaire qui s’élève vers le ciel. Maintenant, portez votre attention vers la partie haute. Sous une fenêtre en forme de tabernacle, une mosaïque à fond d’or y est inscrite. Elle date du 13ème siècle. Regardez-la. Elle représente au centre le Christ bénissant, et, à ses côtés, il y a la Vierge et saint Minias. Cette mosaïque n’a rien d’exceptionnelle en comparaison avec celle que nous découvrirons à l’intérieur de l’église
Au-dessus du fronton, un aigle ; il est l’emblème de ce qui était alors la plus importante corporation de la cité. Il est l’aigle de Calimala, cette guilde des marchands de draps. Vous vous en doutez, ce sont ces marchands qui ont financé le décor de l’église. Peut-être vous étonnez-vous de ce nom de Calimala pour désigner des marchands de draps ? Cela s’explique par l’étymologie. Calimala vient de calus malus, une des rues sombres et probablement mal aérée du vieux choeur de la cité où cette corporation s’était établie.


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