Les guildes ou « arti »

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

Les guildes ou « arti »

Parlons un peu de ces guildes maintenant, si importantes dans la vie des cités italiennes. En italien, on appelle ces guildes des « arti », mot d’où sera tiré « artisan » tout d’abord et « artiste » ensuite. A Florence, le premier à voir le jour est cet « arte » des marchands de draps. Puis, à la fin du 12ème et au début du 13ème siècle, apparaît celui du Change, celui de Por santa maria, celui des Merciers, celui de la Laine, celui des Pelletiers et des Fourreurs, enfin celui des Juges et des Notaires. Au 13 ème siècle, ces 7 arti s’appellent majeurs pour les distinguer des arti dits mineurs. Ces derniers se sont constitués après les 1 ers. Ils groupent les métiers de la moyenne et petite bourgeoisie : Fripiers et Lingers, Chaussetiers et Bonnetiers, Maçons et Charpentiers, Bouchers, Artisans du Fer, Marchands de vin, ceux du sel, ou du fromage, Hôteliers, Fabricants de cuirasses et d’épées, etc. soit un total de 14 arti. Et nous avons donc 7 +14, soit 21 arti à Florence qui sont organisés selon un schéma identique. Ils sont formés de membres qui paient une cotisation assez élevée pour éliminer les artisans isolés. Ils sont dirigés par des consuls, élus pour 6 mois, et par 2 conseils. Ils disposent de fonctionnaires : trésoriers, comptables etc..Les plus importants, comme le Calimala et la Laine, ont même des représentants dans les principales foires d’Europe et dans les ports. L’Arte a pour objectif essentiel la défense des intérêts de ses membres, mais il veille aussi à la qualité des produits fabriqués par lui, sur le respect de la concurrence loyale, sur le maintien du monopole. Il fixe arbitrairement les horaires, les salaires, les conditions de travail. Aucun des droits que nous appelons syndicaux n’est, on s’en doute, accordé aux salariés. Pour mieux surveiller son personnel, l’Arte emploie quelqu’un de l’extérieur, chargé de police et de l’espionnage des salariés. L’Arte est riche et puissant : il possède son propre palais, son blason, son gonfalon, c'est-à-dire sa bannière. Il assume également un rôle de mécène, comme nous en avons ici l’exemple. Il regroupe souvent des métiers hétérogènes : les hommes de lettres s’inscrivent avec les médecins et les apothicaires. La hiérarchie entre arts majeurs et mineurs recouvre la distinction classique entre grande et petite bourgeoisie. Le prolétariat urbain, très important à Florence, est tenu à l’écart, ainsi que tout le monde rural.


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