L’intérieur de l’église

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

L’intérieur de l’église

Entrons à présent à l’intérieur de l’église, et placez-vous devant le revers de la façade, face à la nef principale.

D’emblée, on est saisi par l’harmonie qui règne dans ce grand espace. Maintenant, décrivons la structure de l’église. Alors, voilà : à l’époque, les parois étaient entièrement couvertes de peintures. Il n’en reste aujourd’hui que quelques fragments sur les parois des nefs latérales. Selon la tradition paléochrétienne, l’église reprend le plan des 1ères basiliques chrétiennes, s’inspirant elle-même des basiliques romaines dévolues à des usages juridiques et économiques. Ainsi, l’architecture privilégie la largeur de la nef principale par rapport aux nefs latérales. Et en regardant vers le fond de l’église, vous vous rendez aussi immédiatement compte que l’horizontalité domine au détriment de la verticalité, que l’église est plutôt ramassée. Cela vient du fait, qu’à cette époque, on ne maîtrisait pas vraiment le problème des poussées. Plus les murs sont hauts, plus les poussées sont importantes et ont tendance à les faire s’écrouler. Aussi les murs restent épais et ils sont ouverts au minimum pour laisser entrer le jour par les fenêtres. Ce sont les architectes de l’âge gothique qui parviendront à régler le problème de ces poussées. Toujours est-il que l’ensemble nous apparaît comme majestueux et accueillant : majestueux de par l’impression de grand espace bien sûr. Mais ce n’est pas un majestueux monotone : regardez les colonnes. Ce sont de massives colonnes de marbre, des réemplois de monuments romains venus de l’antique cité de Florence. Vous voyez ? Leur alternance, faite de simples colonnes isolées et d’autres regroupées, crée un jeu visuel qui rompt la monotonie. Donc ce grand espace n’est pas un espace qui endort, mais un espace qui vit.
Et accueillant Avons nous dit. Pourquoi ? Oh, c’est plus une sensation qu’autre chose bien sûr. Mais de nombreux détails de décoration rendent cette impression : Regardez au dessus des colonnes. Le mur est percé de petites fenêtres et on retrouve la même utilisation de panneaux que celle vue en façade, avec cette polychromie des marbres blanc de Carrare et vert de Prato. Et regardez les murs de droite : nous découvrons des restes de fresques multicolores qui recouvraient les murs des nefs. Faisons fonctionner notre imagination, représentons-nous ces fresques aux couleurs joyeuses, les lumières qui rentraient de ces petites fenêtres, illuminant au passage les marbres blancs et verts et aussi cette exceptionnelle charpente de poutres peintes. Donc tout cela nous fait penser à un espace accueillant et majestueux.
Levons les yeux et regardons la charpente du plafond maintenant : ce plafond, qui date du début du 14ème, est caractéristique des églises romanes de Toscane. Pourquoi cela ? Et bien à cause de l’utilisation privilégiée du bois, contrairement aux églises romanes des autres pays qui utilisent plutôt la pierre pour leurs plafonds qu’on appellent alors des voûtes. IL y a des plus et des moins : le plus évident est que la charpente permet d’obtenir une couverture peu pesante sur les murs latéraux. Le deuxième plus est qu’elle offre aussi la possibilité de supporter un décor peint. A l’inverse, le gros moins est que, lors d’un incendie, elle prend feu rapidement et son enflamment provoque de graves dégâts… Portez votre attention sur le pavement. Il est remarquablement beau avec ses incrustations de marbre noir et blanc, pareil à un tapis de dentelle traduit en dessin de pierre; il a été achevé au tout début du 13ème siècle.


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