La Chapelle du Crucifix

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

La Chapelle du Crucifix

Avancez à présent vers le fond de l’église et placez-vous devant le petit édicule face à vous. Il est au rez-de-chaussée entre les escaliers. Lors de ce déplacement, regardez le pavement avec ses incrustations de marbre : les motifs sont inspirés par les signes du zodiaque.

Vous êtes devant la Chapelle du Crucifix. Elle date du milieu du 15ème siècle et est un des chefs-d'œuvre de Michelozzo, un architecte important de la renaissance florentine. L’histoire qui lui est liée est intéressante. Elle renvoie à son commanditaire, Pierre de Médicis, dit Pierre le goûteux, père de Laurent le magnifique. Pierre le Gouteux va commander à l’architecte du palais Médicis et du couvent san Marco ce tabernacle pour y abriter un crucifix miraculeux, aujourd’hui conservé dans l’église santa Trinita. On l’appelle le crucifix de Jean Gualbert. Cet homme a vécu au 13ème siècle, en pleine tourmente du conflit meurtrier entre guelfes et gibelins. A cette époque l’Italie est divisée entre les tenants du pape, qu’on appelle les guelfes, et les partisans de l’empereur d’Allemagne, qu’on appelle les gibelins. Afin de privilégier la visite de l’église, les origines de ce conflit vous seront révélées plus tard au cours de la promenade. En cette époque de guerres fratricides donc, le frère de Jean Gualbert est assassiné. Afin de venger sa mort, ce dernier, accompagné d’une troupe d’hommes en arme, s’est rendu le Vendredi saint, sur la colline de san Miniato où il poursuit l’assassin de son frère. Celui ci implore son pardon. Jean Gualbert, ému, lui accorde et le laisse repartir. Il se met alors à prier devant le Crucifix et voit le visage du Christ s’incliner vers lui, en signe d’approbation. Jean Guilbert se fera moine bénédictin et fondera le monastère de Vallombrosa. Voilà pour l’histoire et maintenant, regardez la légèreté des colonnes et des chapiteaux. Ils sont remarquables par leur raffinement. Et notez qu’ils sont tous différents. Prenez le temps de les regarder, d’admirer l’élégant dessin des feuilles d’acanthe. On le voit bien, Michelozzo est un architecte qui donne une place importante à l’élégance, à la fantaisie, à la légèreté de l’espace et qui soigne les détails des ornementations. Il a le souci du détail soigné, et fait en sorte, comme ici à travers ces chapiteaux, de varier le motif décoratif au détriment d’un modèle standard. En cela, il n’a pas suivi son maître, le célèbre Brunelleschi, qui lui était un fervent utilisateur des symétries, et qui n’hésitait pas à reproduire des structures à l’identique pour créer un effet visuel de masse.
Voyez le fonds maintenant : il est orné de peintures plus anciennes. Elles datent de la fin du 14e siècle et on les doit à Agnollo Gaddi, un suiveur de Giotto. Elles sont intéressantes, mais pas exceptionnelles.


<< 8 - L’intérieur de l’égl...         10 - Dans la crypte ... >>

Sommaire complet du dossier :