La mosaïque

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

La mosaïque

Et pour bien voir cette mosaïque, nous allons passer dans le côté droit du chœur qui est sur notre droite. Cet espace est dans le prolongement de l’escalier que nous avons emprunté précédemment.

Voilà, alors certes nous sommes un peu de biais par rapport à la mosaïque, mais en mettant une pièce dans la petite machine qui est dans cet espace, vous verrez la mosaïque s’illuminer et elle en vaut vraiment la peine. Et maintenant, commentons-la. On y retrouve les 4 Evangélistes reconnaissables à travers leurs symboles. Regardez en haut à gauche du Christ. Voyez-vous l’aigle ? Oui ! C’est donc jean. En dessous, sur la gauche du Christ toujours, nous voyons un lion : c’est donc St Marc. Regardons à droite du Christ maintenant et regardons en haut : nous reconnaissons un ange, le symbole de Matthieu. Et en dessous, c’est un taureau, l’animal de Luc.

Reconnaissons que c’était bien pratique de pouvoir associer les gens qu’on voulait représenter à un symbole. Car les fidèles ne sachant pas lire, il ne servait à rien d’écrire leur nom en dessous. Et comme rien ne ressemble plus à un homme en toge qu’un autre homme en toge, surtout vu de loin, il était nécessaire de montrer le saint avec un symbole très visible et très simple à reconnaître. Mais sinon, voyez comme cette mosaïque est exceptionnelle. Prenez votre temps pour en admirer les détails. L’influence des mosaïques de Constantinople, capitale de l’empire de Byzance, est indéniable. Cette influence se note à travers plusieurs points. D’une part, par l’usage du fond d’or et la luminosité et la richesse des couleurs. D’autre part, par l’attitude hiératique des personnages. Portez votre attention sur le Christ. Sa grande taille indique son caractère divin. A ses côtés, à gauche, il y a la Vierge et à droite, saint Minias. Leur taille est plus petite, car ils n’occupent qu’une place secondaire dans la hiérarchie. Voyez comme ils se présentent à nous, dans cette raideur toute byzantine. Notez les précieux détails vestimentaires de leurs costumes, qui rappellent le faste des cours impériales des empereurs byzantins. A leurs côtés, voyez ces arbres : ils sont eux aussi très proches des modèles orientaux. Ils ressemblent énormément à ceux que l’on trouve sur les pages des miniatures persanes. Ces motifs sont passés dans le vocabulaire décoratif des occidentaux par 2 voies.

D’une part, nous l’avons déjà évoqué, par l’intermédiaire directe des marchands pisans, qui rapportaient, entre autres merveilles, des soieries, des tissages où ces motifs étaient figurés. Et puis d’autre part, par l’intermédiaire indirecte de Constantinople qui possédait des ateliers de mosaïstes réputés. Ces artisans étaient venus en Italie pour travailler à d’importants chantiers. On peut en 1er lieu citer celui de la basilique de saint marc de Venise ou celui du baptistère de Florence au début du 12ème siècle. Ces 2 lieux prestigieux seront visités et admirés par de nombreux artistes qui ne manqueront pas de croquer dans leurs carnets, les motifs de la décoration. Ils deviendront des modèles, sources d’études divulguées dans les différents ateliers italiens.


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