Saint Benoit et le rôle des bénédictins

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

Saint Benoit et le rôle des bénédictins

Puis, quand vous le souhaiterez, vous entrerez dans la sacristie, cette petite salle qui sera derrière vous lorsque vous regardez les fresques. Un cycle de fresques nous attend. Il sera le prétexte pour évoquer saint Benoit et le rôle des bénédictins.

La sacristie est intéressante pour son cycle de fresques. Il a été réalisé par Spinello Aretino, artiste de la 2ème moitié du 14ème siècle et suiveur de Giotto. Ce cycle a été restauré au 19ème siècle. Ces peintures sont très représentatives de la tradition picturale toscane qui aimait à raconter des histoires. Les fresques sont au nombre de 16, organisées sur 2 registres superposés et peintes sur les 4 murs. Malheureusement, l’ordre de leur présentation ne respecte pas exactement la chronologie. Nous n’en regarderons que quelques détails.
Et déjà: cette histoire parle de quoi? Eh bien, elle illustre des épisodes de la vie de saint Benoit, père fondateur de l’ordre des bénédictins auquel est rattachée cette église. Avant de décrire les fresques, il nous semble intéressant d’en apprendre un peu plus sur St Benoît et sur les monastères de façon générale et sur leur rôle en Europe après la chute de l’empire romain.
Il fut le législateur et l’organisateur des monastères d’Occident. Vers 529, il fonda après l’abbaye de mont Cassin, située près de Rome. Il y élabora une règle prudente et équilibrée. Il donna aux moines 2 grandes tâches : le travail manuel et la louange de dieu, -l’Opus dei- en Italien. Son monastère était placé sous la ferme direction d’un abbé élu à vie. Du point de vue de l’organisation matérielle, il était conçu à l’image de la villa romaine, c'est-à-dire comme une unité économique possédant ses champs, son moulin, sa boulangerie, ses ateliers et capable de vivre en autarcie. Il faut dire que dans ces époques des grandes invasions barbares, le chaos régnait et il valait mieux ne pas compter sur des échanges commerciaux réguliers pour s’approvisionner. Le grand âge de l’ordre bénédictin s’étend du 9e au 12e siècle. Il fut marqué par plusieurs réformes, dont la plus importante conduisit à l’expansion cistercienne, à la suite de la fondation de l’abbaye de Cîteaux et de l’installation de saint Bernard de Clervaux. Les bénédictins furent amenés à remplir un rôle social et culturel considérable. Parlons surtout de leur rôle culturel. On peut dire que, jusqu’à la fin du 12e, ils furent les seuls intellectuels de l’Europe, recueillant et copiant les manuscrits anciens. Ils se livraient ainsi à des travaux de compilation, touchant les sciences aussi bien religieuses que profanes. Charlemagne vit d’ailleurs en eux un instrument d’unification spirituelle de l’empire. Et on peut véritablement dire qu’ils ont été le coffre fort culturel de l’Europe, préservant des morceaux de savoir et de patrimoine pendant ces quelques siècles où, après Charlemagne, les pays commencent à se construire. Bien sûr, cela se fait dans la douleur et généralement dans la dévastation. Mais, bon gré mal gré, les monastères sont en partie épargnés. Cela durera 6 siècles environ. Puis, ces tourmentes s’apaisant, les pays –ou du moins certains d’entre eux- se stabilisant, il fut possible de créer des universités. Nous sommes alors à l’aube du 12e siècle. Et les monastères n’auront alors plus l’exclusivité du savoir.


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