Le fleuve « Arno »

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

Le fleuve « Arno »

Traversez la place pour vous installer devant le parapet qui la ferme, pour y découvrir la plus belle vue panoramique sur Florence.

La vue d’ici est magnifique et nous permet de retrouver tous les monuments de Florence. Mais avant de les regarder dans le détail, portez votre attention sur le fleuve, sur l’Arno dont nous allons dire deux mots. Ce fleuve est le plus grand cours d’eau de la Toscane. Il coule de votre droite vers votre gauche. Il prend sa source, beaucoup plus loin, dans les Apennins, cette chaîne de montagnes qui forme la colonne dorsale de l’Italie. Il s’écoule sur 241 kilomètres, traversant Arezzo, Florence, Pise avant de se jeter dans la mer tyrrhénienne.

Ce fleuve n’est pas navigable mais il a néanmoins joué, au Moyen Age, un rôle considérable dans la croissance de la cité. Expliquons cela. Dès le 12ème siècle, Florence est devenue une place prépondérante dans le développement du commerce et de la banque, non seulement en Italie, mais aussi dans différentes provinces de France et de Belgique. Sa réussite commerciale, elle la devait au drap. Les marchands de Florence empruntaient la route du nord, celle qui permettait de rejoindre les grandes foires des Flandres et de Champagne. Il leur fallait braver tous les dangers présents dans la marécageuse plaine du Pô, traverser les Alpes, remonter jusqu’aux foires de Bruges, Gand et Ypres. Là, ils achetaient des draps tissés de laine brute, et plus tard ils achèteront la laine venant d’Ecosse. Puis ils reprenaient le même périlleux chemin du retour. Arrivés à Florence, ils travaillaient à l’affinage de ces draps bruts, leur donnant tout ce qui faisait la double spécificité florentine : son moelleux et sa couleur. Pour y parvenir, le drap était assoupli et teint d’une couleur mauve-pourpre. Ce travail s’effectuait à l’intérieur de longs baraquements de bois, construits et aménagés sur les rives de l’Arno, dont on utilisait l’eau courante pour les opérations de teinture. Des produits tinctoriaux avaient été acquis auprès de ces marchands de Pise, puis de Gênes, qui rapportaient de leurs lointaines expéditions en Orient les précieux pigments nécessaires au traitement du drap. Une fois le travail achevé, ces mêmes marchands retournaient dans ces mêmes foires mais pour vendre cette fois, et à prix d’or, leur précieux produit. Puis venait le temps du retour, cette fois chargés d’or. Un chemin hautement dangereux. Tant et si bien que fut inventée la lettre de change payable à terme et achetée par les banquiers. C’est l’ancêtre de notre chèque, une lettre qui permettait de changer presque partout la valeur indiquée. C’est de cette manière que certains des grands marchands du nord de l’Europe et des cités italiennes devinrent de grands banquiers. Ce fut le cas des Médicis par exemple. Voilà donc pourquoi l’Arno a beaucoup aidé Florence dans son développement. Mais outre cette fonction liée à l’activité des draps de laine, le fleuve était également relié au travail des peaussiers –qui travaillaient la peau- et à celui des teinturiers. D’ailleurs, de façon générale, de nombreuses villes se développaient en bordure de rivière pour utiliser sa force hydro motrice dans toutes sortes d’activités (moudre le grain, scier le bois, etc. En plus de ces petites industries, le courant du fleuve servait à collecter les eaux usées liées à des métiers polluants, et enfin, 3ème utilisation : le fleuve pouvait aussi servir à des activités ludiques, comme les joutes et les défilés nautiques. Cela dit, cet atout n’était pas sans risque car ce fleuve, autrefois capricieux, a laissé dans l’histoire de Florence des souvenirs de crues terriblement dévastatrices et meurtrières. La grande crue de 1333, par exemple, emporta les 4 ponts de Florence, et avec eux les boutiques qui y étaient accrochées, les oratoires et des centaines de passants qui s’y étaient réfugiés.

Aujourd’hui, l’Arno ne déborde plus de son lit. La dernière inondation est celle de novembre 1966 : elle provoqua des ravages terribles dans la ville, envahissant les monuments, les réserves des musées, arrachant les portes de bronze du baptistère…les dégâts furent innombrables. L’Arno avait pris le temps de déposer partout où il était entré, une couche de boue. La mobilisation en faveur de Florence, une des capitales mondiale des arts, fut rapide et internationale. Ce furent des centaines d’étudiants des Beaux Arts, qui vinrent porter secours des 4 coins d’Europe. Depuis, il a été aménagé bien en amont, des canaux et des bassins de dérivation qui détournent l’excès d’eau.


<< 18 - La piazzale Michelan...         20 - L’église santa Croce... >>

Sommaire complet du dossier :