L’église santa Croce

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

L’église santa Croce

Et à présent, regardons ensemble les monuments qui s’offrent à notre regard. Regardez sur votre droite, vous voyez un dôme vert. C’est la couverture de la synagogue de Florence. Maintenant, portez votre attention sur une importante construction en brique rouge qui se détache face à vous. Il s’agit de l’église santa Croce, l’église des Franciscains. Elle est le pendant de l’église santa Maria novella, église des Dominicains, qui n’est pas visible ici. Ces églises ont été érigées au 13ème siècle, à l’époque où les ordres mendiants s’installaient dans les villes. Pour ceux qui le souhaitent, parlons en un instant. Alors, voilà : L’installation urbaine de ces ordres fut favorisée par des allocations gratuites de terrain, par des donations de lots de briques, de mesures de chaux, et d’aides financières. Générosité qui cachait en réalité un acte politique: les autorités prenaient prétexte pour acheter ou confisquer des terrains, en faisant pression sur les familles indésirables et trop influentes qui les détenaient. Ce fut l’occasion de règlements de compte entre grandes familles florentines. Ainsi ce quartier, alloué aux franciscains, était le fief du clan des Perruzzi, qui ne put s’opposer à la démolition de ses palais et de ses tours. Ces ordres mendiants étaient accueillis mais pas logés trop près tout de même. En effet, ces prédicateurs tenaient des discours dans lesquels ils prêchaient l’humilité et la pauvreté, bref des discours dérangeants pour les marchands enrichis qui dirigeaient la ville. Aussi, la cité de Florence ne leur concéda-t-elle que des terrains à proximité de l’enceinte, mais en plus des terrains extra muros et par conséquent loin du centre des affaires. Leur bonne conscience était sauve ! Par la suite, Santa Croce devint le panthéon des florentins: on peut méditer par exemple sur le cénotaphe de Dante, sur les tombeaux de Michel Ange et de Machiavel. Maintenant, regardez au loin, sur votre gauche. Dominant ce panorama urbain, nous voyons ce grand dôme déjà mentionné précédemment. Il coiffe la cathédrale de Florence dont la construction s’est étendue sur plusieurs siècles. Juste devant lui, un autre dôme, plus petit. Il s’agit de la coupole du baptistère de Florence. Juste à côté se dresse le campanile de la cathédrale. L’ensemble de ces 3 bâtiments marquait le pôle religieux de la ville.

Entre cet ensemble et l’Arno, vous voyez une haute tour. Elle marque l’emplacement du palais de la Seigneurie, siège du gouvernement de la commune de Florence. Cette commune fut proclamée en 1115 à la mort de la comtesse Mathilde de Toscane, qui offrit à la ville sa liberté communale. Elle fut la plus haute tour de la cité car elle était le symbole de cette autorité. Le palais de la seigneurie, et la place sur laquelle il a été construit, marquait le pôle politique. Entre les lieux de ces 2 pouvoirs, se trouvait le centre du 3ème pouvoir : le pouvoir économique. À partir du 12ème siècle, les seigneurs féodaux qui vivaient dans le contado, la campagne environnante, comprirent que désormais le pouvoir était détenu par les marchands des villes. Ils quittèrent leurs vieux châteaux et, intra muros, se firent construire des tours, qui rappelaient la silhouette de leurs donjons. La lutte fut âpre entre ces seigneurs d’un temps presque révolu, revendiquant des droits dus à leur noblesse, et les marchands banquiers, détenteurs de la fortune et, à travers elle, du pouvoir politique. Le paysage urbain se transforma. Le chroniqueur italien Villani estime qu’au 14ème siècle, 300 tours avaient été érigées dans Florence. Pour affirmer sa puissance, la Seigneurie imposa qu’aucune autre tour ne pouvait égaler sa hauteur. Aujourd’hui, seules 2 de ces 300 tours ont survécu.


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