La tour du Bargello

Promenade florentine : de l'église san miniato au ponte vecchio

La tour du Bargello

D’ailleurs, regardez sur la droite de la tour de la Seigneurie, vous devez voir la seconde tour restante qui émerge des toits : il s’agit de la tour du Bargello. Ce palais date du milieu du 13ème siècle et est par conséquent antérieur d’un demi-siècle au palais de la Seigneurie. Ce bâtiment a connu différentes affectations. Il est l’un des plus beaux palais médiévaux de Florence. Aujourd’hui, il abrite le musée de sculptures médiévales et renaissance de Florence. Il fut construit au plein cœur des tourmentes que connut Florence au 13ème siècle, lors du conflit entre les Guelfes et les Gibelins, qui a été évoqué avec l’histoire du crucifix de jean Gualbert. Parlons en maintenant, partons loin en arrière. Remontons un peu avant l’an 800. Charlemagne est alors appelé à l’aide par le pape pour combattre les Lombards. Les lombards sont ce peuple puissant d’Italie, qui avait adopté la religion Arienne, une des variantes d’alors de la religion chrétienne. Après sa victoire, Charlemagne devint alors roi des Lombards et, en l’an 800, il fut sacré empereur du Saint-Empire romain. Ce couronnement plaçait les états de la péninsule italienne sous l’autorité impériale germanique.
Et c’est dans cet événement que le conflit des guelfes et des gibelins tire sa source. Et déjà, parlons de ces mots : « gibelins » et « guelfes » : ils sont tout deux d’origine étrangère : les Guelfes sont une déformation de «Welf» qui est le patronyme de la famille des Othons. Le mot « Gibelin », lui, vient du nom du château de Weiblingen appartenant à Frédéric 2 de Hohenstauffen. Ce dernier, déjà roi de Sicile, fait valoir ses droits à l’Empire contre Othon de Brunswick. Les guelfi et les ghibelini italiens sont donc, au début du 13ème siècle, les partisans de l’un ou l’autre des candidats à l’Empire. Pourtant, après l’élection de Frédéric 2, et la victoire des gibelins donc, le terme guelfe perdure. Mais qui désigne-t-il ? et bien il désigne un nouvel opposant à Frédéric 2. Et cette fois, ce sont les partisans du pape qui sont opposés à l’Empereur. A Florence, les 2 factions, qui groupent des familles nobles et bourgeoises, sont d’une force presque égale. 39 familles sont guelfes, 33 gibelines. Tant que dure le règne de l’empereur Frédéric 2, de 1212 à 1250, la balance penche en faveur des gibelins. A la mort de ce dernier, un jeu de bascule commence et va se prolonger toute la seconde moitié du 13ème. Florence sera guelfe de 1250 à 1260, gibeline de 1260 à 1266, guelfe à partir de 1266 et pour toujours. En 1266 mourrait le successeur de Frédéric, Manfred, son fils bâtard. En 1268, le jeune Conradin, petit fils de l’empereur était défait à la bataille de Tagliacozzo par Charles d’Anjou, nouvelle figure politique dominante en Italie. La mort de Conradin sonnait le glas des Hohenstauffen et celui des gibelins. Portant la lutte entre guelfes et gibelins dura. Le terme de guelfes regroupa alors les partisans du pape, celui de gibelins, ceux de l’empire. Chaque changement de régime, chaque retour d’une faction entraînait des vengeances. C’était alors des destructions de palais, des confiscations de biens, et pour des familles entières, des condamnations à l’exil.

C’est dans ce conteste qu’avait été crée une nouvelle magistrature, celle du Capitaine du Peuple. Choisi pour un an dans une famille noble d’une cité amie, cet homme avait pour mission d’être à la fois le protecteur des populani, des bourgeois, contre les excès des grands et le commandant de la milice populaire recrutée parmi les artisans. C’est pour loger ce magistrat que fut donc construit le Palais du Capitaine du Peuple, l’actuel Bargello.


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