La basilique de Sainte Sabine

Promenade sur l'aventin et la basilique sainte sabine

La basilique de Sainte Sabine

Pénétrons maintenant dans la nef elle-même.

Celle-ci s’étend devant nous dans toute sa majesté, bordée des deux côtés par une rangée de colonnes en marbre de Paros, aux proportions magnifiques. Ces colonnes proviennent d’un temple antique qui s’élevait à proximité, et sont un exemple parfait de l’équilibre classique recherché dans l’architecture romaine. Regardez les chapiteaux au sommet de ces colonnes : ils sont décorés de petites feuilles frisées. Ce sont donc des chapiteaux corinthiens. Regardons à leur sommet toujours, les colonnes sont reliées entre elles par des arcs semi-circulaires en maçonnerie. Ces arcs sont recouverts de parures de marbre représentant un faux mur de pierres et des motifs géométriques. Entre les arcades, nous voyons des motifs stylisés en pierres colorées, comme du porphyre ou de la serpentine, et qui représentent des calices et des croix. Il est très vraisemblable que ce procédé de décoration- à base de pierres colorées- soit inspiré du décor des anciens palais impériaux.
En tous cas, cet ensemble frappe par son équilibre et sa simplicité.

L’espace qui s’étend devant nous fut bien sûr souvent remanié au cours du temps. Mais dans l’ensemble, il présente un aspect très proche de ce qu’il devait être à l’origine. C’est le type même de la basilique paléochrétienne, à l’origine du plan de toutes les églises qui suivront. Si Sainte-Sabine fut toujours une église, il est important de souligner que ce ne sont pas les chrétiens qui ont inventé ce type d’architecture. Prenons donc un instant pour comprendre les origines architecturales des basiliques.

A l’origine, le mot « basilique » vient du mot grec « basilikos », qui signifie « royal». Dans la Rome païenne de l’Antiquité, une « basilica » n’avait donc rien de chrétien. Il s’agissait d’un grand bâtiment rectangulaire, où se tenaient des marchés en tout genre par mauvais temps. On y rendait aussi la justice. Une des extrémités du bâtiment prenait l’aspect d’une grande niche de plan semi-circulaire, ou abside. Dans cette abside, siégeait l’empereur ou son représentant. Plus souvent encore, on y trouvait une statue de l’empereur pour rappeler que le représentant parlait en son nom. C’est pourquoi le bâtiment est dit « royal.»
Une basilique païenne n’était donc rien d’autre qu’un grand forum couvert. Elle se présentait comme une grande salle rectangulaire, ou nef, l’entrée se faisant par un des petits côtés. Le petit côté opposé à celui de l’entrée était, comme nous l’avons vu, occupé par l’abside. Entre l’entrée et l’abside, la salle s’étendait, bordée sur ses deux longs côtés par deux rangées de colonnes. La nef était donc divisée en trois parties, avec une nef centrale assez large, et deux nefs latérales, plus étroites et plus basses de plafond. En bref, exactement le même espace que ce que nous voyons devant nous.
Au 4ème siècle, quand le christianisme pu enfin commencer à s’exprimer librement, les premières églises s’inspirèrent simplement de ce plan tel quel, pratique et fonctionnel. Dans l’abside, l’empereur y fut simplement remplacé par l’autel et le clergé. C’est pourquoi l’on parle de «basiliques» paléochrétiennes.
En outre, pris dans son sens littéral de portail « royal », la basilique est un titre honorifique conféré par le pape à certaines églises particulièrement importantes, soit qu’elles soient liés à un événement important, soit qu’un grand saint ou un autre personnage d’envergure y ait joué un rôle ou y soit enterré. Il existe beaucoup de basiliques à travers le monde. A Rome même, il y en a 25. Sur ce vaste ensemble, seules 4 basiliques sont dites « majeures », c’est-à-dire qu’elles reçoivent les honneurs tant des catholiques romains que des patriarches des églises d’Orient. Toutes les quatre se trouvent à Rome. Il s’agit de Saint-Jean-de-Latran, Saint-Pierre, Saint-Paul-hors-les-murs et Sainte-Marie-Majeure. Toutes les autres basiliques, à Rome comme dans le reste du monde, sont dites « mineures. »


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