Présentation de Sabratha

Sabratha

Présentation de Sabratha

Et voici tout d’abord une présentation à la fois historique et géographique de Sabratha. Elle est la plus occidentale des cités de Tripolitaine. Le nom de Tripolitaine a été donné à cette région de la Libye par les Grecs ; il désignait l’ensemble des 3 villes, polis en grec, Sabratha, Oéa, le nom antique de Tripoli et Leptis Magna. Pourtant, les Grecs n’ont jamais vécu ici.
Son histoire remonte au 9ème siècle avant notre ère. A cette époque, la ville n’est qu’une halte sur la route empruntée par les Phéniciens, venus de Tyr ou de Sidon pour se rendre à Carthage. Les marins tiraient leurs navires sur la grève et se mettaient à l’abri. Lorsque Carthage, fondée par ces mêmes Phéniciens en 814 avant notre ère, devient cette grande métropole aux 6ème-5ème siècles avant notre ère, Sabratha fait partie des comptoirs commerciaux que développèrent les puniques. Pour désigner la civilisation, la religion, l’art des 5ème au 2ème siècle avant notre ère en Tripolitaine, on emploie le toujours terme punique. Alors d’où vient-il ? Le mot punique vient du latin punicus, qui désigne la couleur rouge pourpre. Cette couleur, qui était celle de la toge impériale, était obtenue par le murex, un coquillage duquel elle était extraite. Or cette industrie de la pourpre était développée en Phénicie au Liban actuel donc-, région d’origine de ceux qui fondèrent Carthage. Et c’est pour cela que tout ce qui était lié aux carthaginois était nommé Punique. Une légende raconte qu’Héraclès lui-même est à l’origine de la découverte du Murex. Cette légende, la voici : Héraclès se promène sur une plage en compagnie de son chien. Il fait ce que font tous les maîtres de ces animaux : il le fait courir. Pour cela, il lui lance des cailloux que le chien doit rapporter. Soudain, l’animal revient les babines écumantes teintées de rouge. Héraclès découvre alors dans la gueule de son chien un coquillage que ce dernier a broyé. Ce coquillage, vous l’avez deviné est un murex. La naissance de la pourpre avait eu lieu ! Un colorant à valeur très élevée : 1 gramme de pourpre valait 15 grammes d’or.
Mais revenons à l’époque punique de la cité. Le comptoir devient une ville qui conserve son caractère commercial. Elle est en effet un des points d’aboutissement des voies de caravanes qui arrivent du désert, dont les denrées sont ensuite acheminées par voie maritime vers d’autres lieux.
En 46 avant notre ère, soit un siècle après la destruction de Carthage, elle tombe sous la coupe des romains. La ville s’étend, adopte l’urbanisme, la langue, les coutumes de ses nouveaux occupants. A l’époque romaine, sabratha fera sa fortune sur le commerce des bêtes fauves destinées aux jeux de l’amphithéâtre et expédiés de son port vers les grands centres de l’empire de Rome. Le christianisme se développe au 3e siècle après notre ère. Puis elle amorce sa phase de retrait, due à un terrible tremblement de terre en 363 ; elle fait ensuite partie de l’espace de reconquête des Byzantins au 6e siècle, puis de celle des Arabes au début du 7e. Sabratha ne s’éteindra définitivement qu’après l’occupation arabe et le transfert du commerce à Tripoli au milieu du 8e siècle. Sa restauration a été amorcée par les italiens, dans les années 1920-1930. Les travaux ont révélé un site de moyenne importance, géographiquement parlant, mais très intéressant du point de vie archéologique. Sabratha n’a jamais atteint l’étendue de leptis magna. En effet, on estime que sa population, au moment de sa splendeur, devait atteindre 30 000 personnes, soit moins du tiers de la population de Leptis Magna, évaluée à 100 000.


<< 2 - Sabratha : introduct...         4 - Le musée basilique j... >>

Sommaire complet du dossier :