Le musée basilique justinien

Sabratha

Le musée basilique justinien

Nous voici arrivés à Sabratha.

Avancez de quelques mètres sur le chemin : de là vous apercevez le théâtre sur votre droite ; il sera le point final de notre visite. Car pour l’instant, nous allons d’abord visiter le musée romain puis le musée punique qui sont 2 petits musées très intéressants. Vous allez avancer sur le chemin qui est devant vous, puis tournez à gauche, à angle droit, vers le bâtiment qui est à votre gauche, devant lequel s’étend un petit jardin. C’est le musée Romain de Sabratha. 2 choses à vous signaler. La 1re : le musée est très souvent fermé, partiellement ou totalement, pour cause de restauration ou pour des causes inexpliquées. Allons découvrir ces collections. On peut même souligner qu’elles sont indispensables pour une meilleure compréhension du site. Nous vous laissons vous approcher du musée romain que vous reconnaitrez avec son entrée ouverte par des colonnes et nous retrouvons devant.

Quand vous passez les colonnes, allez tout droit et entrez dans une longue salle dont le sol est couvert d’un tapis de mosaïque. Il provient de la basilique de Justinien que nous verrons au cours de notre visite. La disposition de la basilique est reproduite ici. Quand vous entrerez dans la salle, vous verrez un escalier juste sur votre droite. Prenez-le et retrouvons-nous sur la tribune où nous aurons une belle vue plongeante sur la mosaïque.

Nous sommes à la tribune et de là nous pouvons regarder les murs qui sont en dessous. Pour ceux qui le souhaitent, décrivons ce que nous voyons et notamment des panneaux à décor géométrique : en fait, à l’origine, ils étaient situés au sol le long des bas côtés qui encadraient la nef principale. Et maintenant, regardez, sous vos yeux, ce grand tapis de mosaïques à iconographie symbolique de la nef centrale. Parcourez-le du regard : vous notez que, de chaque côté, cette large nef était isolée des nefs latérales par une file de colonnes. Vous voyez les bases de ces colonnes.
Portez à présent votre attention sur la partie basse de ce pavement, qui s’étend au dessous de vous. En portant votre regard au centre apparaît une grande coupe avec des feuilles d’acanthe. Vous la voyez ? : c’est le symbole de la Résurrection. La coupe est encadrée de paons, qui eux sont symboles de l’immortalité. De la coupe jaillit un magnifique arbre de vie, fait de rameaux de vigne entrelacés. Portez toute votre attention aux détails : voyez tous ces oiseaux qui picorent la treille. Prenez le temps et amusez-vous à repérer les colombes, puis les cygnes, puis les aigles, les coqs… La symbolique est très claire : ce sont les âmes qui gouttent aux fruits du Salut. Laissez votre regard maintenant remonter plus haut, en partant de la coupe. Et voyez au centre, les entrecroisements des rameaux forment de grandes ellipses. D’autres oiseaux sont représentés : nous rencontrons d’abord un oiseau bizarre : il est couvert d’une auréole. Qu’est-ce donc ? Et bien c’est le mythique phoenix, un autre symbole de la Résurrection. Au dessus, nous voyons une cage avec une perdrix : c’est le symbole de l’âme prisonnière du corps. Regardez tout en haut de la mosaïque maintenant: On voit encore un grand paon qui développe sa queue en une superbe roue : il symbolise la beauté de l’âme au paradis ! A côté du paon faisant la roue, nous voyons quelques marches de l’escalier, qui permettait de monter en chaire. Enfin, regardez encore les murs de la salle : en plus des plaques de mosaïque dont nous avons parlé, vous voyez d’autres plaques, de marbre cette fois. Ce sont des plaques de chancel, c'est-à-dire des plaques qui marquaient, verticalement, la séparation entre la nef des fidèles et le chœur de l’église qui contenait l’autel. L’autel était encadré par 4 colonnettes dont vous pouvez voir les bases. Car, cette basilique romaine fut transformée en église après l’Edit de Constantin en 313. Rappelons que c’est avec cet édit que l’église chrétienne put pratiquer officiellement sa religion. Et bien sûr, il fallait ensuite décorer cette église. Les artistes byzantins excellaient dans l’art de la mosaïque mais ils rencontrèrent un 1er problème. Comme la religion venait de naitre, il n’y avait pas encore d’iconographie. En d’autres termes, ils ne savaient pas quels motifs dessiner dans leur église. Alors, tout naturellement, ils dessinèrent des images qu’ils avaient l’habitude de réaliser. Mais ils leur attribuèrent une symbolique nouvelle. L’iconographie chrétienne descend donc de l’iconographie païenne. Par exemple furent adoptés le paon, qui était l’attribut de la déesse Junon ; le raisin qui était celui de Bacchus ; le berger gardant son troupeau, thème ici non figuré, mais très présent en général, renvoyait à Hermès ; Cupidon deviendra ange.


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