Le tophet de sabratha

Sabratha

Le tophet de sabratha

Voilà, nous sommes maintenant sortis du musée punique. La mer et le site sont devant nous. Un peu sur notre gauche, nous voyons un édifice plus haut que les autres qui se termine en forme d’obélisque : c’est le mausolée de Bès. A gauche encore du mausolée de Bès, nous voyons comme une demi-colonne posée sur 3 gradins. C’est le tophet et c’est vers ce lieu que nous nous rendons. Pour y aller, vous pouvez avancer tout droit sur 20 mètres. Tout d’abord, au bout de ces 20 mètres, vous arriverez au bord de ce qui fut des maisons d’habitation. Au 1er siècle de notre ère, certaines de ces maisons étaient de luxueuses maisons de campagne, dotées de thermes privés, et décorées de beaux pavements de mosaïque et de fresques. Mais au siècle suivant, elles furent rattrapées par l’extension urbaine. Ensuite, vous continuerez à suivre le chemin vers la gauche, vers cette petite colonne sur un piédestal à 3 gradins. C’est là que s’étend le tophet de Sabratha. Et qu'est-ce qu’un tophet ? C’est une aire sacrée qui est à ciel ouvert et qui est close. Elle est consacrée à Tanit, et parfois à Baal Hamon. Sa fonction principale est celle d’une aire sacrificielle. Maintenant, évoquons les rites sacrificiels des carthaginois. Le lieu était aussi un cimetière. On y a en effet retrouvées des centaines d’urnes funéraires en céramique contenant des restes calcinés. Et leur analyse a montré qu’il s’agissait des restes de jeunes enfants. La controverse demeure : s’agissait-il d’enfants décédés de mort naturelle, ou bien d’enfants sacrifiés pour l’accomplissement d’un rite? A Carthage, ce sont les restes de plus de 20 000 enfants sacrifiés qui ont été reconnus. Ici, on ne sait pas. On sait que les Romains, qui ont largement diabolisé les carthaginois, ont interdit tous types de sacrifices humains. Il semblerait que l’interdit fut respecté, car un bon nombre de ces urnes contenait des os de jeunes chevreaux. On peut ainsi imaginer un sacrifice de substitution qui dura quelques années. Alors sinon en plus des urnes, le tophet a révélé des centaines de stèles portant le signe de Tanit: nous en avons vu quelques-unes au musée. Or Tanit, on l’a dit, était la déesse de la fertilité. Est-ce que ce sont les sacrifices qui donnent plus de fertilité et de bonheur aux vivants. Ou bien, est ce que après la mort, vient une sorte de Renaissance ? On ne sait pas trop : les pratiques funéraires des puniques nous sont imparfaitement connues.


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