La tragédie

Sabratha

La tragédie

Maintenant, parlons de la Tragédie. Sragédie vient de 2 mots grecs : tragos et  odé : qu’on traduit par le chant du bouc. Ce terme fait référence aux tous premiers spectacles grecs, où un bouc était offert au vainqueur du concours de tragédies, animal qu’il devait sacrifier sur l’orchestre après le spectacle. Chez les 1ers Grecs, ces pièces de théâtre se jouaient le jour, du matin jusqu’au soir. A l’origine, il n’y avait qu’un seul narrateur, le plus souvent l’auteur lui-même, face au chœur. Puis très vite les Grecs se sont rendu compte qu’on pouvait être bon auteur et mauvais narrateur. Du coup, le narrateur est devenu un personnage en s’intégrant à la fiction poétique. Et il devint du coup un acteur. Puis le nombre de personnages augmenta, ce qui permit d’enrichir la pièce en opposant les protagonistes, c'est-à-dire les héros principaux, à plus de surprises et de contrastes. A un moment donné, un chœur est ajouté et il sera une partie très importante d’une tragédie. A ses débuts, le chœur est impuissant face à la situation qui se déroule devant ses yeux. Il est souvent formé de femmes et de vieillards, son action est peu développée et pourtant elle est primordiale. Le chœur est important de par Sa Majesté, pa l’ampleur formelle des rythmes et des cadences, mais aussi par la dimension philosophique supplémentaire qu’il donne à la pièce. En effet, entre les moments d’angoisse vécus par les personnages, c’est lui qui s’interroge, s’efforce de comprendre et prie les Dieux.
La tragédie est ainsi la réunion de deux éléments : chœur et personnages. Elle se joue en deux endroits en même temps : sur la scène, où évoluent les personnages, et sur l’orchestra, qui est réservé au chœur. Généralement les choristes ne se mêlaient pas aux acteurs, mais formaient un groupe indépendant de l’action en cours. Il semble que le masque, dont l’usage apparut à partir de la fin du 1er siècle de notre ère, ait été un élément important lors de la célébration de certains rituels. L’image la plus primitive nous est peut-être donnée par la coutume qui consistait à se barbouiller la figure de lie de vin et de feuilles de vigne pour s’altérer les traits, comme cela se pratiquait dans les cortèges dionysiaques. Peut-être le port du masque de théâtre est-il un prolongement de cette tradition?  En tout cas, il permet de dissimuler l’identité de l’acteur, ce qui aide le spectateur à le confondre avec la divinité incarnée. Malheureusement, aucun masque n’est parvenu jusqu’à nos jours, ce qui s’explique par la matière utilisée pour leur création : les masques étaient probablement faits de toile, de cuir, de bois ou d’écorce. Il était nécessaire que le masque soit assez léger pour ne pas gêner le jeu de l’acteur. Il couvrait en effet la tête entière de celui-ci, qui se protégeait le crâne au moyen d’une sorte de bonnet. Les cheveux étaient ceux d’humains ou d’animaux. Un trou faisant office de pupille creusée dans le blanc de l’œil permettait à l’acteur de voir la scène.
Un large orifice à l’emplacement de la bouche augmentait l’audibilité du texte récité par l’acteur. La tragédie n’était pas divisée en acte, mais séparée par des chants.  Chez les Grecs, les représentations des tragédies n’avaient lieu que deux fois par an et étaient organisées par l’Etat. Alors comment est ce que cela marchait ? Et bien, il y avait d’un coté l’auteur qui –pour sa tragédie- demandait un chœur au magistrat responsable des fêtes. Celui-ci choisissait un chœur parmi un ensemble de chœurs disponibles dans la cité. Ces chœurs dont les membres sont les choreutes sont créés et entretenus par de riches citoyens qu’on appelle les chorèges. Ils avaient la charge de fournir et de financer un chœur: ils choisissaient les choreutes, payaient les costumes, les répétitions et le lieu de répétition.  C’était un malheur pour un chorège de se voir attribuer un mauvais poète et pour un poète d’avoir un chorège mesquin. Par contre, un chorège généreux pouvait assurer la victoire d’une pièce en finançant une mise en scène spectaculaire.  Mais revenons à Rome : la tragédie y fut introduite en 240 avant notre ère, en l’honneur du tyran de Syracuse Hiéron 2. Le Sénat décida en effet d’organiser à cette occasion des spectacles analogues à ceux qui étaient donnés à Syracuse et dans les cités grecques. C’est ainsi que la tragédie s’installa dans le monde romain.


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