Le paysage urbain faisant face au palais

Saint-petersbourg : l'ile vassilevski

Le paysage urbain faisant face au palais

Nous allons reprendre notre promenade toujours dans la même direction vers le prochain palais, mais avant, prenons le temps de regarder la Neva et, sur l'autre rive, le paysage urbain qui fait face au palais.

A nos pieds la Grande Néva s'écoule vers notre droite en direction du golfe de Finlande. Ses rives, autrefois mouvantes et incertaines, sont depuis longtemps fixées avec de beaux blocs de granit qui proviennent de Carélie, région nordique qui s'étend au-delà de la frontière, jusqu'en finlande. Nous pouvons en voir à nos pieds. Les travaux entrepris dès le 18ème siècle étaient indispensables pour permettre un développement durable de la ville et la protéger des inondations. Le fleuve est encore très large ici, pourtant ne s'y écoule qu'une partie des eaux de la Néva, le reste empruntant l'autre bras du fleuve, la Petite Néva. Mais la Grande Néva comme son nom l'indique est plus importante et c'est donc par elle que transitent les plus gros navires. Pas tous bien sûr : les paquebots par exemple ne peuvent remonter le fleuve au-delà du pont que nous apercevons sur notre droite. Ramenons maintenant notre regard devant nous au-delà du fleuve, et portons-le sur les constructions et aménagements qui bordent sa rive opposée. Face à nous, nous pouvons voir une grande place entourée sur 3 côtés par des arbres. Elle est bordée de part et d'autre par des constructions, importantes tant par leurs dimensions que par leurs fonctions: à sa gauche, nous reconnaissons l'Amirauté de couleur jaune, et à sa droite le Sénat et, derrière et dans son prolongement, le Saint-Synode, tous 2 dus à l'architecte italien Rossi qui oeuvra au début du 19ème siècle. Au fond de cette place se dresse la Cathédrale Saint-Isaac dont nous pouvons voir surgir, au-dessus des arbres, le dôme doré au mercure. Elle est due à l'architecte français, Auguste de Montferrand, qui lui a consacré 40 ans de sa vie. Elle remplace une 1ère église construite en bois sous Pierre 1er, elle-même remplacée plusieurs fois , par des constructions de plus en plus imposantes, jusqu'à l'édifice actuel, qui remonte lui aussi à la 1ère moitié du 19ème siècle. Le 4ème côté de cette place est délimité par le fleuve lui-même.
Tous les bâtiments que nous venons de signaler sont du 19ème siècle, mais la place, elle, est plus ancienne. D'ailleurs, nous pouvons voir, dressé en son milieu, une statue équestre commanditée par Catherine 2, impératrice du 3ème tiers du 18ème siècle, au sculpteur français Etienne Falconet, l'ancien directeur de la manufacture de Sèvres à Paris. C'est Diderot qui a conseillé à Catherine de confier son projet à ce Falconet. La sculpture représente Pierre 1er à cheval. Plastiquement parlant, c'est une réussite, mais nous en parlerons plus en détail quand nous nous promènerons de ce côté de la ville. La statue est aussi connue sous le nom de "Cavalier d'Airain", titre d'un poème de Pouchkine que la terrible inondation de 1824 a inspiré. Dans ce poème, il compare le tsar à ce "cavalier d'airain" qui, seul, a su et pu garder la tête hors de l'eau durant ce drame.
Cette place est vaste et d'autant plus belle aujourd'hui qu'elle vient d'être refaite. Elle est appelée depuis le 19ème siècle : Place du Sénat, à cause bien sûr de la proximité du Sénat, mais elle est aussi connue depuis la période soviétique sous le nom de Place des Décembristes, par référence à l'événement dramatique qui s'est déroulé sur cette place au moment de la prise de pouvoir de Nicolas 1er en décembre 1824 : La répression dans le sang d'une manifestation d'Officiers russes qui réclamaient une Constitution pour leur pays.


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